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  • : Le blog de Raphaël Conforti
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T'es Qui Toi ?

  • Raphaël Conforti
  • Célibataire et donc sur le marché, la question se pose: Suis-je encore potable ? Je tente de trouver des réponses...
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En chanson

Vous aurez noté que j'ai châpeauté certains de mes billets de titres de chansons.
Montrez-moi votre culture musicale en me nommant les interprètes !
Je vous y aide, les titres concernés sont suivi d'un astérique...

Punaise, je me "cuculise", mais il fallait bien que je le dise ! Personne n'avait relevé ce détail !
Mon prochain blog sera un blog de fan de Cloclo. Ou alors sur le crochet. Ca marche bien les blogs sur le crochet...

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 08:00

 

    Avant de lâchement abandonner le blog j'avais laissé entendre que je racontais mes déboires à Géraldine. Parce que Géraldine peut toujours se foutre de ma gueule en commentant mes histoires, elle ne s'en sort pas mieux. Si je m'étais confié à elle c'est qu'elle me relate aussi ses affaires. Pendant que je me démenais avec Marianne et Christelle, elle vivait une aventure avec Étienne.

Elle avait commencé en ligne.

   -Tu te mets au net toi ? lui demandai-je.

   -J'ai le net depuis plus longtemps que toi, gros malin !

   -Aux sites de rencontres j'entends...

   -Ah ! Oui, c'est pas un mal, entre une rencontre dans un bar et ça... et puis ce n'est plus aussi mal vu...

C'est vrai, ce n'est plus aussi mal vu.

Étienne avait donc pris contact avec Géraldine. Elle n'aurait jamais donné suite à ce type qui se présentait à elle sans photo de lui mais une photo d'Henri Serre dans Jules et Jim et s'il ne s'était pas attribué Jim comme pseudo. Inscrite comme La Femme d’à Côté, elle y avait été sensible. Ils avaient parlé, bien-sûr, de François Truffaut, de cinéma en général et leurs échanges étaient devenus de plus en plus personnels et intimes. Jusqu'au jour ou Jim/ Étienne lui avait proposé de la rencontrer. Elle l'avait un peu pressé pour savoir à quoi il ressemblait mais n'avait pas insisté de peur de perdre le contact en le froissant. C'est qu'il y avait quelque chose de fascinant dans cet échange avec l'inconnu ; une certaine complicité s'était installé entre eux, même si elle le trouvait salaud de ne pas se montrer alors qu'elle avait, elle, affiché sa photo. Elle avait décidé de ne pas lui en tenir rigueur, elle verrait bien lors de leur rendez-vous, elle pourrait écourter si elle voulait.

Il lui avait proposé un rendez vous précis à un horaire pile, il lui avait demandé de ne pas être en retard : jeudi à dix-neuf heure cinquante au cinquante-et-un rue Quincampoix à Paris. Il lui suffirait d'entrer.

Le jeudi dit, elle était arrivée à l'adresse donnée et avait maudit Étienne : Elle se trouvait devant Dans le noir, ce fameux restaurant où l'on mange dans l'obscurité complète, "une expérience extraordinaire".

   -Mes fesses, c'est la baffe que je voulais lui donner qui est extraordinaire !

   -Dans le noir c'était pas évident j'imagine, répondis-je.

Elle était entrée et se fit accompagner par une hôtesse jusqu'à Étienne qui, visiblement l'avait briefé.

   -T'es vraiment un enfoiré ! lui avait dit Géraldine en guise de salutation.

J'aime bien imaginer Géraldine dire ça à un inconnu, dans le noir ou ailleurs, c'est bien son genre.

   -Attends avant de t’énerver, lui avait répondu Étienne sur la défensive. Tu verras, c'est une belle expérience.

Et ça a été une belle expérience pour Géraldine. Le repas était pas mal mais c'était le jeu des devinettes qui avait émoustillé ses sens : sentir les plat, toucher les aliments, elle ne sait pas si ça se fait mais personne ne regardait, alors...

Étienne avait une jolie voix, légèrement cassée mais jolie, masculine. Pour se donner une idée de ce à quoi ils ressemblaient, ils s'étaient mutuellement touchés le visage. Ça ne donne rien de concret, rien qui permettait de dire à une habituelle voyante comme Géraldine s'il lui plaisait ou non mais cette soirée l'avait captivée. Cette situation inédite, l'inconnu, l'avait mis dans un certain état d'excitation. "Beau, je ne sais pas, mais ténébreux c'est sûr !" me dit-elle.

A la fin du repas, il était parti après avoir réglé l'addition, laissant Géraldine à la table. ils avaient convenu de se revoir rapidement, deux jours après. Chez lui. Elle avait été surprise d'avoir accepté ces conditions de retrouvailles après coup mais ça avait été irrépressible. Envie de le voir.


   Le samedi arriva. Les conditions du rendez-vous étaient particulières aussi, Géraldine devait arriver directement chez lui. Arrivée à l'adresse, dans le Marais, elle l'appela. Il la guida, lui donna le code de la porte cochère, la fit arriver jusqu'à la porte de son appartement et lui dit d'entrer. L'appartement était plongé dans l'obscurité complète. Les lumières éteintes, les volets fermés et doubles rideaux tirés, la nuit étant tombée en cette soirée printanière, aucune lumière ne pénétrait.

-Mais dis-moi Étienne, tu es aveugle ? Ou vampire ! demanda-t-elle en riant. Elle imagina qu'il pouvait non seulement être aveugle mais aussi mutilé, qu'il n'avait simplement pas d’œil, d'où sa volonté de se cacher. Elle imagina à ce moment là Andrea Bocelli, mignon mais quand il lève les paupières ça file un frisson.

   -Rien de tout ça. Viens s'il te plait, suis le son de ma voix.

Elle pensait être dans le salon, lui était dans la pièce voisine, à sa droite. Sûrement la chambre mais qu'en savait-elle ? Elle arriva dans la pièce en tâtonnant. Elle voyait alors les contours et la vague silhouette d’Étienne juste avant qu'il ne lui prenne la main. Il lui enleva le petit blouson qu'elle portait et le jeta plus loin. Il y avait un fauteuil à cet endroit.

Il l'embrassa. Elle se laissa faire.

   -Bonsoir, dit-il ironiquement.

   -Bonsoir, répondit-elle en souriant

Ce furent les derniers mots qu'ils prononcèrent ce soir là.

Ils continuèrent à s'embrasser, commencèrent à se caresser, se déshabiller doucement. Cela dura. L'étreinte traina alors qu'ils étaient encore en sous vêtement. Une fois nus, leurs corps s’emmêlèrent. Il fit durer, cela excita Géraldine : ses râles éraillés, son parfum, ses caresses... Il se démerdait bien le salaud.

Ce ne fut pas l'extase totale malgré tout. Il manquait une dimension, une dimension importante au yeux de Géraldine. Beaucoup de femmes aiment l'amour dans le noir, Géraldine non. Mais elle m'avoua que c'était tout de même assez envoûtant, avec cette mise en scène sur deux jours.

Quoiqu'il en soit, la nuit passa, il dormirent tout de même. Pendant qu'il sommeillait, elle se leva et se dirigea vers ce qu'elle devinait comme étant la fenêtre, d'où venait le peu le lumière présente. Elle regarda dehors : rien, volets fermés. Elle se recoucha en veillant à laisser entre-ouvert le double-rideau.

Le matin arriva, le soleil se leva. Géraldine avait eu le sommeil aussi léger qu’Étienne l'avait eu lourd. Ce type dort comme une masse.

   -Il faut dire qu'il avait transpiré la veille, me dit-elle.

   -J'imagine bien !

La lumière, finalement, passa à travers les volets et l’entrebâillement du double-rideau. Elle regarda alors son voisin de lit. Dire qu'elle fut déçue est faible.

   -Ah ? dis-je.

   -Oui, il est laid ! Merde ! Je me suis faite avoir toute emportée que j'étais ! Tu vois Patrick Timsitt ? C'est pire, avec un air de Jean Lefebvre, et flasque en plus.

   -Ah merde. C'est le seule commentaire qui me vint à l’esprit.

   -Tu peux le dire Heureusement qu'il dormait bien, je me suis habillée vite fait et je me suis barrée, aussi vite fait ! Ça me fait chier de m'être emportée comme ça pour me faire avoir en beauté !

Elle rageait mais le gros de sa colère était passé au moment où elle me raconta cela. Elle s'en voulait surtout à elle même.

Oui, nous sommes en compétition, Géraldine et moi, pour la situation amoureuse la plus conne.

 


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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 08:00

 

Il y a des situations particulièrement compliquées d'où s'extirper. Géraldine ne me contredis pas quand j'en étais venu à dire ça.

Parfois, il arrive d'entamer une nouvelle relation alors que vous n'avez pas encore mis fin à l'ancienne. L'ancienne qui, du coup, n'est pas encore ancienne bien que dans votre esprit elle le soit.

-Pourquoi tu dis "vous" ? Ça te concerne tout seul !

-Comme si, te connaissant Géraldine, ça ne t'était jamais arrivé !

-Oui... mais c'est pas toi qui t'es retrouvé avec deux ex qui s'ignoraient alors que tu avais commencé avec une troisième ? Tu ne sais pas larguer...

-Mouais, la ferme.

Bref, ce n'es pas si compliqué que ça à gérer... jusqu'à ce qu'elles se croisent.

C'était juste après la période où je voyais Florence. J'avais rencontré Christelle par le même biais. Christelle est blonde. Mince, petite, un peu la même allure que Florence mais en beaucoup plus jolie et il m'avait semblé, aux reliefs de son chemisier bleu, qu'elle avait de beaux seins ronds, ce qui se confirma plus tard. Il m'avait semblé évident dès le deuxième rendez-vous qu'elle misait plus que ce que je ne misais moi-même sur notre relation. Nous nous entendions bien, aussi bien dans nos discussions que dans son lit mais je ne sais pas si quelque chose clochait chez elle ou si c'est moi qui ne me vois pas m'engager sur une longue durée.

Cela faisait une quinzaine de jours que nous sortions ensemble lorsque je rencontrai Marianne. Je venais de laisser Georges à une terrasse à Paris pour rentrer chez moi en cette fin d'après midi du début du mois d'avril. Elle était sur le trottoir, entre la rue de Rivoli et celle de l'Amiral de Coligny, en train de scruter un plan qu'elle avait déplié.

J'allai à sa rencontre et m'incrustai dans ses pensées :

-Vous êtes perdue ?

-Non non, pas vraiment, répondit-elle. Enfin... je cherche le quartier Montorgueil.

-Ah ! Facile ! C'est par là ! Je lui montrai la direction en souriant. Mais je peux vous accompagner si vous voulez.

-Non merci, ce n'est pas nécessaire.

-Mais comment je fais pour vous inviter boire un café alors ?

Elle sourit.

-Je suis attendue...

-Une prochaine fois alors.

-Peut-être.

-Forçons le hasard, donnez moi votre numéro, dis-je en lui tendant mon portable pour qu'elle puisse le taper.

-D'accord.

Elle tapa son numéro sur mon clavier. Marianne est mignonne, un petit visage triangulaire, des cheveux brun, une coupe au carré et des gros seins. Elle a une jolie allure dans l'ensemble. Je la revis une semaine plus tard, après l'avoir appelée et discuté gentillement au téléphone. Nous nous retrouvâmes dans un bar du quartier Montorgueil et comme tous s'était bien passé nous nous revîmes dès le lendemain pour dîner dans un restaurant et finir "prendre un verre" chez elle. C'est bien ces moments là !

Je me retrouvai alors avec Marianne sans avoir préalablement prévenu Christelle que nous nous reverrions certainement  moins. Ou plus du tout.

C'est vrai que, comme l'a fait remarqué Géraldine, ce n'était pas la première fois qu'un cas de figure similaire m'arrivait mais ce qui était une première pour moi c'est qu'alors que Marianne et moi déambulions main dans la main sur le boulevard Saint-Germain après être sorti de chez Grom , Christelle, je ne sais pas pourquoi, avait eu l'idée de se promener seule sur le même boulevard et , manque de chance, dans le sens opposé, ce qui lui permit de nous croiser. Au moment où je l'aperçu je ressentis comme une chaleur dans mon estomac. Je crois que ça correspondais à un état de stress avancé. Cela rendit mes mains moites mais pas de quoi ramollir le cornet gaufré de ma glace au chocolat. Je vis Christelle se décomposer. Par réflexe je lâchai la main de Marianne qui s'était rendu compte que quelque chose clochait. Pendant cinq secondes le temps s'était arrêté. Au cours de la minute que cela dura, je regardai Christelle, puis Marianne. Puis à nouveau Christelle. Son regard noircissait. Il fallait que je trouve une parade. Vite. Que faire, que dire ? Elle n'allait pas rester sans rien dire, c'était sûr. Et une fois qu'elle aurait tout balancé, c'est le regard de Marianne qu'il faudrait affronter.

Christelle attaqua :

-Non mais c'est quoi ça ? Tu fais quoi ? Tu te prends pour qui ? Tu ME prends pour une conne ?

Je la regardai, je fis non de la tête. Elle continua, très énervée :

-Qu'est ce que t'as à dire ?

-Rien, répondis-je calmement après avoir effectué un demi tour de cornet avec la langue.

-Tu te fous de ma gueule ? Tu bouffes ta glace au lieu de me répondre toi ! Ça l'avait énervé encore plus.

-Bah ouais, sinon ça coule. Et j'ai rien à dire.

Oui, que dire ? Toute parole, toute tentative de justification aurait aggravé ma situation. Cela dit, ma réplique avait aggravé ma situation. Marianne me regardait l'air désolée. Christelle me dit "c'est fini" et partit. Marianne ne dit rien et finit par partir aussi, avec cet air désolé qui ne l'avait pas quitté. Je crois qu'elle avait secoué la tête en partant.

J'eus besoin de m'enfuir et partis donc pour échapper aux regards des quelques passants qui avaient vu et entendu des bribes de la scène. Je finis par m'asseoir sur un banc et terminai ma glace.

C'est con cette fin tout de même. Oui, je ne sais pas larguer.

 

 

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 23:29

 

Aujourd'hui, J'ai fait mes courses. En passant dans le rayon Shampoings et savons j'ai pensé à Hélène. Hélène est une jeune femme que j'avais rencontré dans le métro il y a quelques années. Je l'avais abordé à cause de sa présumée ressemblance avec une camarade d'école primaire.

-Bonjour... Sandrine ?

-Non, pas Sandrine, avait-elle répondu en souriant.

-La ressemblance est pourtant frappante, avais-je menti, il n'y a pas de Sandrine Lallemand dans votre famille ?

-Non, pas du tout.

Je l'avais accompagné sur une partie de son trajet. C'était une jeune Franc-comtoise qui arrivait fraîchement de sa province avec son rond accent pour travailler dans un grand hôtel. Deux jours plus tard, après un verre dans un bar de Neuilly, j'étais chez elle, dans son lit. Elle était très jolie, un visage rectangulaire, des cheveux très lisses, longs et châtains, le teint pâle, bien en chair avec de larges hanches et des seins grands, beaux et ronds.

Et elle sentait le savon de Marseille.


Je ressortis du magasin avec un savon d'Alep.

 


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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 22:42

 

Asymétrique. C'est le mot qui m'était venu à l'esprit quand je l'avais vue. Son nez, bien équilibré par ailleurs, dévie légèrement sur la gauche. Ses lèvres sont pulpeuses, mais la partie supérieure gauche est un peu plus charnue que la droite.

Georges avait entrepris de faire sa connaissance au comptoir de sa salle de sport où elle vient occasionnellement. Ce faisant et comme je passais dans les parages, oui j'ai fait une séance et comme je suis irrégulier en ce moment j'ai vite abrégé mes souffrances pour aller boire un jus de fruit frais, il m'avait fait signe de venir les rejoindre.

-Raphaël, je te présente Marta. Tu sais quoi ? Elle est italienne !

Je comprends, il m'a fait venir pour l'aider à se faire mousser devant la demoiselle en me faisant balancer quelques mots dans sa langue d'origine.

Le deuxième mot qui m'était venu à l'esprit est " jolie ". Tout de même. Elle venait à la salle visiblement pour perdre quelques kilos. Ça devrait être facile si elle s'applique.

Elle m'avait tendu la main.

-Bonjour, avait-elle dit en roulant le r. Enchantée.

-Piacere, avais-je répondu en la lui saisissant.

En m'entendant, elle avait souris plus largement encore. J'imaginai que Georges m'avait vendu comme l'ami italien. J'avais raison :

-Tu vois, je te l'avais dit ! lança-t-il à Marta.

Voilà, nous étions trois, moi servant de faire valoir. Ça ne me déplait pas, c'est amusant et si on peut aider... j'avais continué donc en italien.

elle était repartie avec nos numéros.

Je ne sais pas si elle avait revu Georges, je ne lui demandai pas alors que nous étions étendus sur l'herbe du jardin des Tuileries, une semaine après. J'étais allongé sur le dos et elle aussi, la tête sur mon ventre.

Auparavant, nous avions fait plus ample connaissance, un peu au téléphone, et cet après-midi là en marchant dans le jardin, après nous être donné rendez-vous. Il faisait beau, je la sentais proche de moi, physiquement. Alors je l'ai embrassée sans crier gare. Elle a été surprise mais se laissa faire, devint même plus fougueuse que je ne l'étais.

Voilà, nous étions là, bien mais ne sachant quoi dire, intimidés et surpris par la rapidité des événements et ce sentiment de culpabilité vis à vis de Georges qui devait encore imaginer pourvoir lui sortir le grand jeu un de ces prochains soirs. Enfin, qu'en sais-je ? Rien ne me dit qu'il ne pourra pas !

 


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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 00:27

Lundi matin, je suis sorti faire un footing. Enfin... lundi matin... j'ai eu un peu la flemme et je suis sorti à onze heure et demi. Pour un footing d'une heure ça fait plutôt dans la tranche de midi. Sympa, le temps n'était pas trop mal, j'eus du plaisir, je m'amusai en variant ma foulée, un peu la vitesse. Parfois, je sors de chez moi et je vais au parc en contournant le quartier de la Défense, ce que je fis ce jour là. Tours de parc, retour. Il était midi passé et en bas des immeubles à bureaux, les employés prenaient leurs pause clope en masse. Certains mangaient des sandwiches, d'autres partaient au restaurant. J'oubliai une chose en passant ici précisément : c'est l'immeuble où travaille Aude. Elle me l'avait dit car nous étions passé ici ensemble une ou deux fois. D'ailleurs je la vis. Elle aussi me vit. J'en avais eu l'impression puis la certitude car elle me pointait du doigt. Elle me désignait à quelques unes de ses collègues avec qui elle fumait. Elle avait décidé de m'humilier apparemment, je n'ai pas entendu le début mais assez pour le savoir :

" ... gros naze incapable de s'investir, con ne faisant que le mal autour de lui " quelque chose comme ça mais le vocabulaire y est : naze et con. Ils me regardaient tous, j'étais mal à l'aise. Mais que faire ? Aurais-je dû fuir puisque je courrais déjà ? Non. Je la rejoignis en souriant et je dis d'une voix forte en regardant les deux hommes qui étaient dans le groupe et en la désignant :

   -Je défie n'importe qui de rester plus de quinze jours avec elle !

Sur ce, je partis. Quand j'aperçus furtivement un sourire se dessiner sur le visage d'un de ses collègues, je me dis que j'avais bien joué. Je jubilais, simplement frustré de ne pas voir sa tête tout occupé à partir dans un style techniquement irréprochable, comme un coureur quoi.

Et surtout sans me retourner.

 


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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 06:46
   -Enlève ça, c'est quoi ce machin ? C'est de la musique de dépressif ! Géraldine lia l'action à la parole et éjecta le CD. J'étais allé la chercher chez elle pour l'accompagner, à sa demande, à Ikéa et récupérer une petite armoire à salle de bain. Nous étions en route.
  -Touche à tes fesses, rétorquai-je, c'est Syd Matters ! C'est de la bonne musique !
  -Peut-être mais t'as pas intérêt à être suicidaire sinon tu passes à l'acte ! Ça va toi en ce moment ?
  -Ouais ça va bien, la vie est belle, répondis-je, mais j'écoute ça pour ses qualités musicales intrinsèques, pas pour me mettre dans une ambiance particulière, tu vois. Le côté déprimant n'a pas prise sur moi.
  -Oui, ben moi je vais me jeter par la portière si on change pas. t'as quoi d'autre ? Elle fouillait dans la boite à gant en même temps.
  -Il y a le dernier Prince si tu veux
  -Il est bien ?
  - Non.
  -Ah mince, pourquoi tu l'as acheté ?
  -Je me suis fais avoir, j'ai cru qu'il avait remis un peu de rock dans sa soul de base. En fait il y en à un peu mais sur une seule chanson. Le reste est comme sa production de ces douze dernières années : bof.
  -Vas- y pour Prince quand même. On va voir !

Arrivé au magasin, nous déambulâmes jusqu'au rayon qui nous intéressait : la salle de bain. C'est bien, il y a toujours du monde ici. Moins en semaine, c'est plus supportable. Vous avez remarqué qu'il y avait toujours beaucoup de femmes dans les magasins d'ameublement ? Moi oui. Ce n'est pas désagréable. Ma tête tournait dans un sens ou dans l'autre au gré des rencontres dans les allées. Ce qui est bien aussi, c'est qu'un lundi, ces femmes sont seules ou entre amies :célibataires ou leurs conjoints travaillant.
  -Tu viens toi ? Géraldine me tira de ma rêvasserie contemplative en direction d'une jolie blonde, Il faut prendre un papier et aller au retrait des marchandises, ce machin n'est pas dans le rayon normal.
  -Ah ok, allons-y alors.
Arrivés là, Géraldine prit un ticket. Il y avait quatre ou cinq personnes devant nous, un peu d'attente en perspective. C'est incroyable tout de même, peut-être le côté suédois de la chose : A ma droite, une belle jeune femme blonde attendait son tour aussi. Je tournai la tête à gauche et il y avait un équivalent de miss Poitou-Charente, brune. Pas en tenue de défilé mais bon, je ne m'arrête jamais aux détails vestimentaires quand il s'agit de juger une plastique féminine. Géraldine me donna des coups de coudes :
  -T'as pas fini oui ?
  -Quoi ? répondis-je.
  -T'arrête de regarder partout en direction de tout ce qui est du sexe opposé au tiens ? J'ai l'air de quoi ?
  -Je sais pas, d'une cliente ?
  -Mais t'es con ! Je te signale qu'on est ensemble et que j'ai l'air d'une crétine dont le mec mate tout ce qui bouge !
  -Mais on n'est pas un couple.
  -Eh bien vas l'expliquer au micro de l'hôtesse d'accueil. En attendant, ne me file pas les boules et reste tranquille. On a l'air d'un couple, rappelle toi !
  -Bon d'accord...
Je me résignai à ne servir que de porte cartons à l'entière disposition de ma pseudo-compagne. C'est bien parce qu'il n'y avait pas beaucoup d'hommes !
Sur le chemin du retour, on a mis la radio.

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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 00:05

Je me suis laissé embarqué, c'est pas ma faute. C'est Rémi.

Vendredi j'ai proposé à Rémi de courir le soir. Je cours moins régulièrement en ce moment et je me suis dis qu'une séance accompagné me ferait du bien. Quand je dis régulièrement, c'est trois fois par semaine. Trois fois par semaine c'est depuis que je bosse, sinon, étudiant, c'était six séances par semaine. Vous imaginez bien que je ne fais pas que du footing... Et Rémi est un assez bon coureur.

-Je veux bien mais j'ai une séance avec Abdel et Karim, répondit-il. Mais si tu veux te joindre à nous...

-Mais vous faites quoi ? De la piste ? Personnellement j'ai prévu un fartlek dans les bois, au feeling pour le fun.

-Ouais ben viens, on fait dix fois trois-cents mètres, c'est aussi bien que ton fartlek, Non ?

-Oui, mais deux crans au dessus tout de même, je vais cracher. Et Abdel et Karim, faut les suivre ! En temps normal, je dis pas, mais là...

-T'inquiètes, ils sont partis en vacances, c'est pas comme en pleine saison !

-Non... laisse tomber, dis-je.

 

Mais le soir même, j'étais là, sur la piste en train de m'échauffer avec Karim, Abdel et Rémi. Karim et Abdel sont des compagnons d'entrainement occasionnels. J'ai été dans le même club qu'eux à une époque, mais comme je cours moins souvent depuis quelques temps, je les vois moins, forcement.

Pendant l'échauffement, Abdel fit un point sur la séance qui nous attendait :

-Bon... dix fois trois-cents. Départ où vous savez, arrivée, récup' cent mètres en trottinant et on repart.

-Wow, c'est chaud, dit Rémi en souriant.

-C'est chaud, c'est chaud... t'es une grosse feignasse oui ! rétorqua Karim.

-Je déconnais, je suis pas une feignasse !

-T'es pas une feignasse, t'es une burne ! Acheva Karim.

Humour typique de terrain et piste attenante, dans les stades. Ça doit être la couleur qui m'attire ici ou alors j'aime autant souffrir intellectuellement que physiquement.

Après quelques étirements et éducatifs nous nous défaisons tous de nos vêtements superflus, veste ou bas de survêtement, pour nous retrouver en short et teeshirt. Il faisait chaud vendredi. Comme Abdel et Karim, Rémi et moi chaussâmes nos pointes : c'est sérieux une séance avec ces deux spécimens.

Nous nous plaçâmes tous les quatre sur la ligne des trois-cents mètres.

-Départ au top, dit Abdel. Top !

Nous nous élançâmes tous à vive allure. C'est qu'il y a de l'émulation dans ce genre de truc. Et on ne va pas partir à un rythme de gonzesse au premier départ même si c'est recommandé par le coach. Quand j'utilise l'image de gonzesse, ce n'est pas de moi, c'est Karim. Même si je suis sûr qu'il y a des gonzesses qui courent plus vite que lui (et que moi aussi, Karim étant quand même un peu plus fort que moi). Nous étions deux par deux pour rester dans le premier couloir. Ce n'était que le premier. Facile. Rémi et Karim étaient souriant, Abdel mâchait un chewing-gum. Moi je ruminais, j'avais vu Agnès la veille.

Ligne d'arrivée. Nous trottinâmes les cent mètres qui nous séparaient du départ.

-Top !

Nous partîmes tous les quatre en déclenchant nos chronos, comme au premier départ.

Toujours facile mais on commençait à chauffer. Abdel mâchonnait toujours. Le sourire de Karim s'était réduit à un rictus. Rémi, je ne sais pas, il se réservait derrière.

J'avais dit à Agnès que ce genre de comportement m'exaspérait au possible...

Sûrement quarante-neuf secondes pour Karim et Abdel. Cinquante pour moi.

Récup'. Courte.

-Top !

Les sourires se sont effacés. Nous restâmes groupés. Abdel cracha sont chewing-gum.

Agnès s'était irritée aussi. Pour elle c'était normal.

-Parler mariage à une tierce personne sans passer par moi préalablement ? Normal ?! M'étais-je emporté.

J'étais énervé : quarante-sept secondes. Les autres sont arrivés en quarante-huit et quarante-neuf.

-Top...

Nous repartîmes. Rémi souffla bruyamment au départ, comme une cocotte lâchant de la pression. Essoufflement et reniflements s'entendaient tout au long des trois hectomètres.

-Mais tout va bien entre nous, m'avait dit Agnès. C'est normal qu'on parle de ça, non ?

-Pas qu'au bout de trois mois et à quelqu'un d'autre qui plus est...

Je payai l'effort du trois-cents mètres précédent : cinquante et une secondes, deux secondes derrière Karim. Rémi était devant.

Cinquième départ. La moitié. C'est difficile. Abdel cracha. Rémi aussi. Nous allions vite mais le peloton restait groupé.

Je ruminais. Pourquoi s'était elle comporté comme ça ? Pourquoi trouvait-elle ça normal ? Il y avait pourtant un truc qui allait de travers. Elle et sa manière de mettre la charrue avant les bœufs...

Nous arrivâmes groupés. Quarante-huit et quarante-neuf secondes.

C'était Abdel qui menait la séance. Alors c'est lui qui, encore, le dit :

-Top !

La douleur était visible sur les visages de Rémi et Karim. Moi, ça devait être pareil. Nous piochions dans nos réserves pour rester avec Abdel qui, lui est d'un niveau supérieur. Le petit peloton se déliait doucement.

La discussion n'avait pas été si longue que ça. Nous étions chacun sur nos positions. Je considérais qu'elle m'avait planté un couteau dans le dos. Elle qu'elle avait pris certaines disposition. Mais là, j'avais de plus en plus de mal à y réfléchir rationnellement.

Abdel arriva en quarante-sept secondes Karim quarante-huit, moi quarante-neuf et Rémi cinquante.

Petite récupération et c'est reparti !

Les départs devenaient de plus en plus difficiles. Rémi ferma les yeux quelques secondes, Abdel serra les dents. Je me concentrai sur ma technique de course et ne pensais plus à mes déboires. Les genoux, le pied, le bassin, pousser... pour ne plus y penser après. Nous arrivâmes pour la septième fois. Ma respiration s'entendait fort, comme les autres.

 

-Top, répéta Abdel.

" Huit " me dis-je dans la phase de démarrage. La souffrance pouvait se lire sur tous les visages, mais la vitesse était toujours la même. Pas question de lâcher, avec les autres....

Neuvième top d'Abdel. Contrairement aux précédents trois-cents, le groupe restait uni car le dernier se profilait et il n'était pas question de céder une seconde aux autres. Je pense que c'était l'état d'esprit de tous. On crachait, on soufflait. On avait mal au choix : aux tripes, aux articulations, aux épaules car tous le poids du monde est sur nous à ce moment là et le pire est à venir à ce moment là : le dernier tour.

Nous partîmes plus rapidement que pour le premier. Nous restâmes groupés deux par deux. Abdel et Karim devant, Rémi et moi derrière. Entre le cent-cinquante mètres et la sortie du virage le groupe se déploya : un athlète par couloir. L'émulation était forte et la vitesse augmentais sensiblement. Je tentais d'accélérer ma foulée en la gardant aussi ample. Presque tous les athlètes autour de nous, peu nombreux, c'est les vacances tout de même, nous regardaient. Sur la ligne d'arrivée, je cassai comme à un sprint de compétition. Abdel fit de même mais un peu devant moi, l'enfoiré. Au même niveau que moi, Rémi et Karim. Quarante-cinq et quarante-six secondes.

-Aaah ! La vache !

Ça c'est moi qui me libérai. Je continuai à trottiner après avoir marché quelques secondes, conscient que c'était mieux pour récupérer. Abdel s'agenouilla sur la piste et se mit à quatre pattes en soufflant. Rémi s'allongea en soufflant aussi. Sur le dos, les mains sur le visage. Sa tête devait tourner. Karim, lui, marcha rapidement vers la barrière sur le bord de la piste. Il s'appuya dessus avec les deux mains et, pris de spasmes, vomit.

Je revins vite vers lui.

-Bienvenue au club ! Dis-je.

-T'es con, répondit Karim.

Abdel et Rémi qui s'étaient vite relevés étaient venu voir.

-C'est normal après ce genre de séance, ça arrive à beaucoup, souffla Abdel.

-Tu fais chier, lâche moi, continua Karim. C'est de la merde ta séance, regarde comment je suis. J'ai froid.

-C'est du lactique coco... faut en faire, continua Abdel. Va te couvrir et étire toi.

-T'es pas ma mère, je t'emmerde !

On est tous dans un état de conscience assez dégradé dans les secondes qui suivent ce genre d'exercice et ça exacerbe son état du moment. Moi, j'étais bien :

-J'ai de beaux restes, dis-je à Rémi en souriant.

Il sourit aussi mais ne dit rien. Il était satisfait aussi.

Bien que n'ayant suivi la séance prévue qu'approximativement (nous devions rester à cinquante secondes pour chaque trois-cents), nous étions content.

Après un footing de récupération et des étirements, je suis resté dix minutes allongé sur un banc dans les vestiaires, à ne penser à rien. Les yeux fermés je suivais les moucherons qui circulaient au rythme des pulsations cardiaques qui tapaient dans mon crâne. Je planais et, finalement, atterrissais doucement, en fait.

Je pris ensuite une douche qui dura une bonne vingtaine de minutes. Là, je recommençais à penser à Agnès. Qui m'avait dit " qu'est-ce que ce sera quand on aura des mômes! ". J'avais constaté alors que nous n'étions pas sur le même plan. Elle était partie fâchée.

Au diable ! Je ne rappellerai pas.

 


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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 17:10

-Tu voulais me voir ? me demande Julianne.

-Oui, Ce que j'ai a te dire, je voulais te le dire de vive voix.

-Ah oui ?

C'est étrange, elle ne réalise pas, ne pressent pas pourquoi je lui ai demandé de la voir d'un ton aussi grave.

-Oui. Je voulais te dire qu'il fallait mettre un terme à notre relation. Il vaut mieux que nous ne nous revoyons plus.

Je lis la surprise dans ses yeux.

-Mais pourquoi ?

-Nous ne sommes pas fait pour vivre ensemble. Ça ne marchera pas.

-Mais, on peut faire un effort, continuer pour voir ce que ça donne !

Je continue alors :

-A partir du moment où ça demande un effort particulier à l'un d'entre nous, c'est plus la peine.

-Je vois... merci de me le dire en face...

-Profite du printemps Julianne... au revoir.


Maintenant, il faut que je passe à l'acte...

 

 


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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 01:20

Le week end dernier je suis sorti. Entre copains, une soirée chez une connaissance. Rémi était venu me retrouver en bas de chez moi pour ne sortir qu'avec une seule voiture. De mon côté je m'étais habillé avec les vêtements achetés lors du shopping avec Delphine. Le total look. Je dois dire que c'est pas mal. Pas flash et l'accessoire, le gilet sans manche gris clair ouvert sur ma chemise blanche cintrée, le tout faisant un peu Justin Timberlake (dixit Delphine) fait bien.

Je descendis et retrouvai Rémi. Nous nous saluâmes, il me regarda un peu mais ne dis rien. Rien à dire, c'est le genre de look que je peux avoir normalement mais tout de même, il avait un air... un air fermé et en plus il se tenait loin de moi. Enfin loin... habituellement c'est limite si on se tient par le bras pour bien entendre ce que l'autre dit, et là, non.

Il fallait que je lui demande :

-Quoi ?

-Rien.

-Quoi rien ? Si, il y a quelque chose, je le vois bien, un truc qui va pas.

-Non, laisse tomber, c'est pas grave.

-Si, dis moi !

-Tu fais chier ! T'approche pas de moi tant que t'as ces pompes aux pieds ! Conclut-il.

Oui, quand j'ai dit "total look", ça comprenait les chaussures. Oui j'ai voulu tenter le coup pour voir. C'est vrai que je trouvais ça bizarre mais j'avais mis ça sur le compte du manque d'habitude.

En plus c'est chiant pour conduire ces machins. Surtout quand t'as pas une automatique. J'ai eu une conduite un peu brusque ce soir là.

Arrivés à destination, on nous ouvrit, un invité que je ne connaissais pas. Il me regarda, nous salua. Il s'était attardé sur mes pieds. Je me retournai vers Rémi.

-Il a regardé mes pompes, on ne voit que ça !

-Mais non, t'inquiète. Tu te fais des idées. On ne voit pas que ça, enfin, pas tout à fait !

-Merci tu me rassures.

J'avais l'impression que tous le monde regardait mes chaussures alors je m'étais mis derrière une table. La table aux boissons. Les gens avaient l'air déçus que je ne fasse pas le service, il me faisaient la tronche. Je préférais ça à l'air condescendant que j'avais eu avant.

Géraldine arriva, avec un nouveau type, un grand pas mal. Je ne sais pas où elle l'a trouvé celui là. J'étais content de la voir, je suis alors sorti de mon refuge pour la saluer. Nous nous embrassâmes, elle me présenta David, le type qui finira dans son lit cette nuit. J'aime bien dire ça dans ce sens : C'est lui qui va y finir et pas elle qui tombera dans ses filets, au gars. Ça change.

Quoiqu'il en soit, elle s'esclaffa.

-Quoi ? demandai-je.

-Rien rien.

-Si, t'as pouffé ! C'est mes pompes c'est ça ? Ça se fait pourtant, il y a des marques qui en fabriquent !

-Oui, mais il y a des gens qui ne les portent pas. Tu devrais y songer.

Elle riait encore, l'enfoirée. Je tentai de rattraper le coup :

-Oui, et bien, je me suis laisser emporter, c'est ma copine qui les a choisi et j'ai laissé faire, ma main à même payé à la caisse...

-Julianne ?

-Non, avant.

-Quoi qu'il en soit, regarde comment est fringué ta nana avant d'accepter de te faire acheter des groles.

Elle reparti en ricanant. David avait l'air désolé. Désolé mais compréhensif. Il a dû vivre la même chose, peut-être avec une cravate ou même des pompes, qui sait ?

Oui, elle a raison à la réflexion. Parce que Delphine avait tout de même un style vestimentaire à chier, j'aurais dû me méfier.

Conclusion : c'était une soirée de merde. J'ai passé mon temps derrière le canapé puis en allers-retours entre la table et un fauteuil. J'ai même songé à enlever ces satanées pompes mais je me serais senti comme si j'avais mis des charentaises.

Maintenant c'est fini, ce n'est plus qu'un souvenir et j'ai rangé ces péniches dans leur boite d'où elles ne ressortiront certainement jamais.

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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 00:00

Je conduisais ma voiture, Hier. Il faisait nuit depuis deux heures. J'étais dans la montée de la Nationale 118, les arbres défilaient à allure modérée. Je roulais lentement sur le couloir réservé aux véhicules lents. Je faisais attention, je raccompagnais Delphine chez elle. Enfin... ce n'était pas le fait de la raccompagner qui me faisait rouler pas trop vite : elle avait la tête contre mon bas-ventre, mon pantalon déboutonné... Je ne vous donne pas plus de détail, vous aurez deviné ce qu'elle faisait.

Oui... J'ai cédé. Je voulais vraiment en avoir le cœur net avec cette histoire de piercing. Et puis c'était un au revoir...

Delphine m'avait appelé l'après midi car elle était à La Défense et voulu savoir si on pouvait se voir. Elle vint chez moi et dîna à la maison. Je fis revenir une courgette et une tomate avec quelques pâtes. Nous nous étions embrassés chastement mais sur la bouche tout de même pour nous saluer. Pendant que les pâtes cuisaient nous parlâmes de choses et d'autres en buvant un martini, puis de nous. Elle tenta une psychanalyse de bonne femme en me faisant parler de ma grande histoire passée, car elle savait que j'avais vécu presque dix ans avec une femme. Ma femme. Elle est finaude la conne, ma gorge était nouée. Je l'arrêtai en lui disant qu'elle me faisait chier. Elle était hilare mais n'osa plus parler de choses profonde et nous sommes restés distants toute la soirée. Nous n'avons pas parlé de notre relation. Il me semblais évident qu'elle était venue pour ça. Parler de la fin. Mais pas un mot. C'était implicite, comme convenu dans nos gestes que c'était la dernière soirée que nous passion ensemble. Ce n'était que la troisième et nous sentions tous les deux que ce n'allait pas durer, que ce n'était qu'une expérience. Elle voulut que je lui serve une vodka. Je lui donnai un verre d'absinthe, c'est tout ce que j'avais. Je bus avec elle.

Je lui proposai de la raccompagner. Elle accepta.

C'est sur les quais de Seine en sortant de La Défense qu'elle commença. Elle me regardait conduire puis posa sa tête sur mon épaule et sa main sur ma jambe.

Elle commença à me caresser la cuisse, plaisant, et me déboutonna rapidement le pantalon, surprenant mais excitant, je ne m'attendais pas à ce qu'elle fasse ça dans la voiture ! Ce soir là après ce qu'il s'était passé ! Elle m'a dit de ne pas m'inquiéter, qu'elle en avait envie, c'est tout. Elle s'affairait et j'appréciais beaucoup ce qu'elle faisait mais ça durait et ça ne me faisait pas plus plaisir que ça. Il manquait quelque chose. J'ai fini par remettre le doigt dessus : l'expérience. Oui ! Et malgré le petit bijou accroché à sa langue elle ne me faisait pas beaucoup d'effet. Au bout d'un moment, nous avions fait pas mal de kilomètres, je lui dis de laisser tomber. Elle fit un peu la tronche se demandant ce qui clochait. Un peu d'inexpérience et aussi ma nervosité, j'avoue, dû au fait que j'étais au volant. Pour l'inexpérience je ne lui dis rien, elle se démerdera avec le prochain.

Je n'ai pas pu reboutonner mon jean, je l'ai donc remis vite fait et passé ma chemise dessus, pour que ce soit présentable.

Heureusement car trois kilomètres plus loin, à un rond point : un barrage de flics. Fait chier ! Je pense être en règle mais je ne devais pas avoir une allure bien fraîche, surtout que j'avais bu cette absinthe dans la soirée.

-Tu crois que ça le fait une absinthe ? demanda-elle.

-Oui, une seule ça va. Je pense.

Je pouvais espérer qu'ils me laisseraient passer en arrêtant d'autres voitures, mais non, ils me firent signe.

Je m'arrêtai, ouvris la vitre.

-votre permis et les papiers du véhicule s'il vous plait.

-Voilà.

Pendant qu'une collègue faisait le tour de la voiture en matant la vignette d'assurance au passage, mon flic regardait les papiers et surtout scrutait l'intérieur, moi, elle.

"Ne me demande pas de sortir de cette bagnole !" me suis-je dis. Je me serais retrouvé avec le pantalon au chevilles.

Il souriait. Qu'allait-'il me faire ? Il avait bien vu ce qu'il s'était passé dans cette voiture. Pas de flag, mais il pouvait facilement m'emmerder.

Il me rendit mes papiers.

-Soyez prudent sur la route. Bonne soirée.

Pas plus, pas d'alcootest ! Son sourire était franc et il nous laissait partir.

Il avait vu.

Je le remerciai et partis. Quel bol ! Delphine et moi avons commencé à rire. Il y avait de quoi maintenant.

Arrivés en bas de chez elle, nous nous sommes dit au revoir, simplement.

Je crois que ce soir elle avait voulu me laisser un souvenir. Elle voulait être la fille qui m'avait sucer dans ma voiture et dont je me souviendrais. Elle y est arrivée, c'est la première en tout cas.


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