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  • : Le blog de Raphaël Conforti
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T'es Qui Toi ?

  • Raphaël Conforti
  • Célibataire et donc sur le marché, la question se pose: Suis-je encore potable ? Je tente de trouver des réponses...
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En chanson

Vous aurez noté que j'ai châpeauté certains de mes billets de titres de chansons.
Montrez-moi votre culture musicale en me nommant les interprètes !
Je vous y aide, les titres concernés sont suivi d'un astérique...

Punaise, je me "cuculise", mais il fallait bien que je le dise ! Personne n'avait relevé ce détail !
Mon prochain blog sera un blog de fan de Cloclo. Ou alors sur le crochet. Ca marche bien les blogs sur le crochet...

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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 00:05

Je me suis laissé embarqué, c'est pas ma faute. C'est Rémi.

Vendredi j'ai proposé à Rémi de courir le soir. Je cours moins régulièrement en ce moment et je me suis dis qu'une séance accompagné me ferait du bien. Quand je dis régulièrement, c'est trois fois par semaine. Trois fois par semaine c'est depuis que je bosse, sinon, étudiant, c'était six séances par semaine. Vous imaginez bien que je ne fais pas que du footing... Et Rémi est un assez bon coureur.

-Je veux bien mais j'ai une séance avec Abdel et Karim, répondit-il. Mais si tu veux te joindre à nous...

-Mais vous faites quoi ? De la piste ? Personnellement j'ai prévu un fartlek dans les bois, au feeling pour le fun.

-Ouais ben viens, on fait dix fois trois-cents mètres, c'est aussi bien que ton fartlek, Non ?

-Oui, mais deux crans au dessus tout de même, je vais cracher. Et Abdel et Karim, faut les suivre ! En temps normal, je dis pas, mais là...

-T'inquiètes, ils sont partis en vacances, c'est pas comme en pleine saison !

-Non... laisse tomber, dis-je.

 

Mais le soir même, j'étais là, sur la piste en train de m'échauffer avec Karim, Abdel et Rémi. Karim et Abdel sont des compagnons d'entrainement occasionnels. J'ai été dans le même club qu'eux à une époque, mais comme je cours moins souvent depuis quelques temps, je les vois moins, forcement.

Pendant l'échauffement, Abdel fit un point sur la séance qui nous attendait :

-Bon... dix fois trois-cents. Départ où vous savez, arrivée, récup' cent mètres en trottinant et on repart.

-Wow, c'est chaud, dit Rémi en souriant.

-C'est chaud, c'est chaud... t'es une grosse feignasse oui ! rétorqua Karim.

-Je déconnais, je suis pas une feignasse !

-T'es pas une feignasse, t'es une burne ! Acheva Karim.

Humour typique de terrain et piste attenante, dans les stades. Ça doit être la couleur qui m'attire ici ou alors j'aime autant souffrir intellectuellement que physiquement.

Après quelques étirements et éducatifs nous nous défaisons tous de nos vêtements superflus, veste ou bas de survêtement, pour nous retrouver en short et teeshirt. Il faisait chaud vendredi. Comme Abdel et Karim, Rémi et moi chaussâmes nos pointes : c'est sérieux une séance avec ces deux spécimens.

Nous nous plaçâmes tous les quatre sur la ligne des trois-cents mètres.

-Départ au top, dit Abdel. Top !

Nous nous élançâmes tous à vive allure. C'est qu'il y a de l'émulation dans ce genre de truc. Et on ne va pas partir à un rythme de gonzesse au premier départ même si c'est recommandé par le coach. Quand j'utilise l'image de gonzesse, ce n'est pas de moi, c'est Karim. Même si je suis sûr qu'il y a des gonzesses qui courent plus vite que lui (et que moi aussi, Karim étant quand même un peu plus fort que moi). Nous étions deux par deux pour rester dans le premier couloir. Ce n'était que le premier. Facile. Rémi et Karim étaient souriant, Abdel mâchait un chewing-gum. Moi je ruminais, j'avais vu Agnès la veille.

Ligne d'arrivée. Nous trottinâmes les cent mètres qui nous séparaient du départ.

-Top !

Nous partîmes tous les quatre en déclenchant nos chronos, comme au premier départ.

Toujours facile mais on commençait à chauffer. Abdel mâchonnait toujours. Le sourire de Karim s'était réduit à un rictus. Rémi, je ne sais pas, il se réservait derrière.

J'avais dit à Agnès que ce genre de comportement m'exaspérait au possible...

Sûrement quarante-neuf secondes pour Karim et Abdel. Cinquante pour moi.

Récup'. Courte.

-Top !

Les sourires se sont effacés. Nous restâmes groupés. Abdel cracha sont chewing-gum.

Agnès s'était irritée aussi. Pour elle c'était normal.

-Parler mariage à une tierce personne sans passer par moi préalablement ? Normal ?! M'étais-je emporté.

J'étais énervé : quarante-sept secondes. Les autres sont arrivés en quarante-huit et quarante-neuf.

-Top...

Nous repartîmes. Rémi souffla bruyamment au départ, comme une cocotte lâchant de la pression. Essoufflement et reniflements s'entendaient tout au long des trois hectomètres.

-Mais tout va bien entre nous, m'avait dit Agnès. C'est normal qu'on parle de ça, non ?

-Pas qu'au bout de trois mois et à quelqu'un d'autre qui plus est...

Je payai l'effort du trois-cents mètres précédent : cinquante et une secondes, deux secondes derrière Karim. Rémi était devant.

Cinquième départ. La moitié. C'est difficile. Abdel cracha. Rémi aussi. Nous allions vite mais le peloton restait groupé.

Je ruminais. Pourquoi s'était elle comporté comme ça ? Pourquoi trouvait-elle ça normal ? Il y avait pourtant un truc qui allait de travers. Elle et sa manière de mettre la charrue avant les bœufs...

Nous arrivâmes groupés. Quarante-huit et quarante-neuf secondes.

C'était Abdel qui menait la séance. Alors c'est lui qui, encore, le dit :

-Top !

La douleur était visible sur les visages de Rémi et Karim. Moi, ça devait être pareil. Nous piochions dans nos réserves pour rester avec Abdel qui, lui est d'un niveau supérieur. Le petit peloton se déliait doucement.

La discussion n'avait pas été si longue que ça. Nous étions chacun sur nos positions. Je considérais qu'elle m'avait planté un couteau dans le dos. Elle qu'elle avait pris certaines disposition. Mais là, j'avais de plus en plus de mal à y réfléchir rationnellement.

Abdel arriva en quarante-sept secondes Karim quarante-huit, moi quarante-neuf et Rémi cinquante.

Petite récupération et c'est reparti !

Les départs devenaient de plus en plus difficiles. Rémi ferma les yeux quelques secondes, Abdel serra les dents. Je me concentrai sur ma technique de course et ne pensais plus à mes déboires. Les genoux, le pied, le bassin, pousser... pour ne plus y penser après. Nous arrivâmes pour la septième fois. Ma respiration s'entendait fort, comme les autres.

 

-Top, répéta Abdel.

" Huit " me dis-je dans la phase de démarrage. La souffrance pouvait se lire sur tous les visages, mais la vitesse était toujours la même. Pas question de lâcher, avec les autres....

Neuvième top d'Abdel. Contrairement aux précédents trois-cents, le groupe restait uni car le dernier se profilait et il n'était pas question de céder une seconde aux autres. Je pense que c'était l'état d'esprit de tous. On crachait, on soufflait. On avait mal au choix : aux tripes, aux articulations, aux épaules car tous le poids du monde est sur nous à ce moment là et le pire est à venir à ce moment là : le dernier tour.

Nous partîmes plus rapidement que pour le premier. Nous restâmes groupés deux par deux. Abdel et Karim devant, Rémi et moi derrière. Entre le cent-cinquante mètres et la sortie du virage le groupe se déploya : un athlète par couloir. L'émulation était forte et la vitesse augmentais sensiblement. Je tentais d'accélérer ma foulée en la gardant aussi ample. Presque tous les athlètes autour de nous, peu nombreux, c'est les vacances tout de même, nous regardaient. Sur la ligne d'arrivée, je cassai comme à un sprint de compétition. Abdel fit de même mais un peu devant moi, l'enfoiré. Au même niveau que moi, Rémi et Karim. Quarante-cinq et quarante-six secondes.

-Aaah ! La vache !

Ça c'est moi qui me libérai. Je continuai à trottiner après avoir marché quelques secondes, conscient que c'était mieux pour récupérer. Abdel s'agenouilla sur la piste et se mit à quatre pattes en soufflant. Rémi s'allongea en soufflant aussi. Sur le dos, les mains sur le visage. Sa tête devait tourner. Karim, lui, marcha rapidement vers la barrière sur le bord de la piste. Il s'appuya dessus avec les deux mains et, pris de spasmes, vomit.

Je revins vite vers lui.

-Bienvenue au club ! Dis-je.

-T'es con, répondit Karim.

Abdel et Rémi qui s'étaient vite relevés étaient venu voir.

-C'est normal après ce genre de séance, ça arrive à beaucoup, souffla Abdel.

-Tu fais chier, lâche moi, continua Karim. C'est de la merde ta séance, regarde comment je suis. J'ai froid.

-C'est du lactique coco... faut en faire, continua Abdel. Va te couvrir et étire toi.

-T'es pas ma mère, je t'emmerde !

On est tous dans un état de conscience assez dégradé dans les secondes qui suivent ce genre d'exercice et ça exacerbe son état du moment. Moi, j'étais bien :

-J'ai de beaux restes, dis-je à Rémi en souriant.

Il sourit aussi mais ne dit rien. Il était satisfait aussi.

Bien que n'ayant suivi la séance prévue qu'approximativement (nous devions rester à cinquante secondes pour chaque trois-cents), nous étions content.

Après un footing de récupération et des étirements, je suis resté dix minutes allongé sur un banc dans les vestiaires, à ne penser à rien. Les yeux fermés je suivais les moucherons qui circulaient au rythme des pulsations cardiaques qui tapaient dans mon crâne. Je planais et, finalement, atterrissais doucement, en fait.

Je pris ensuite une douche qui dura une bonne vingtaine de minutes. Là, je recommençais à penser à Agnès. Qui m'avait dit " qu'est-ce que ce sera quand on aura des mômes! ". J'avais constaté alors que nous n'étions pas sur le même plan. Elle était partie fâchée.

Au diable ! Je ne rappellerai pas.

 


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Published by Raphaël Conforti - dans Qu'est-ce qu'on fait pas des fois
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commentaires

la benj' 01/09/2009 11:59

Je comprends que tu en aies ch***! Je ne connaissais pas le fartlek, mais ça m'a l'air assez intéressant, ça me fait penser à un épisode de Friends ou Phoebe court comme une dingue sans se soucier du regard des autres, tu voies lequel?
Avec les 2 autres D, on s'est inscrites à la Parisienne, c'est pas un grand parcours, mais ça fait un bon entrainement :)

Raphaël Conforti 01/09/2009 13:26


Je vois tout à fait l'épisode :-)
Je pense avoir une meilleurs technique ^^
C'est bien pour la Parisienne ! Bonne préparation et bon courage à vous !


John 31/08/2009 12:15

Un joli court métrage que ton article: je le ... voyais. Et l'entendais. Avec les souffles, les flash back.
Et pour en revenir au sujet: parfois on provient réellement de planètes différentes. Valable pour Agnés aussi bien que pour Karim, la différence n'est pas sexuelle.

Raphaël Conforti 31/08/2009 17:31


Merci beaucoup.
Tu me touches car c'était l'effet voulu :)


Chantal 26/08/2009 09:33

Voilà, tu reprends bien l'entraînement, bravo! Le tout est maintenant de maintenir hein... (peut-être envisager une compet'?) Sinon, mariage, mômes... attention: qu'est-ce qu'elle pense de la course à pieds, tes copains (rires--ton blog)? J'ai connu des gars qu'on ne revoyait plus après s'être mis en couple: ppffftt effacé le petit Rapaël ;-) ! Bises

Raphaël Conforti 26/08/2009 16:14


Oui... je manque de régularité. Pas de compèt pour le moment. Pas question de m'aligner si je ne peux pas faire moins de 40' sur 10 ou approcher de 1h25' au semi :) J'en suis loin.


MicheleM 19/08/2009 22:18

Franchement ? Je ne pense pas que l'on puisse changer de caractère et de personnalité. Par contre, on peut essayer d'aménager son caractère et de se remettre en question.

Raphaël Conforti 21/08/2009 22:24


oui, peut-être. Mais pas longtemps. Chassez le naturel et il revient au galop :)


MicheleM 19/08/2009 00:25

Même si j'arrive après la bataille, je suis toujours comme Beaver fan de tes articles.
Et je trouve très intéressant la façon dont tu relates ta séance de fractionné (balaise ! Chapeau bas messieurs !) et la conversation que tu as eu la veille avec Agnès; J'aime particulièrement l'exercice de style qui concerne la montée en intensité de l'effort et celui que tu as du fournir pour discuter avec Agnès.
Il me semble que de ton côté tout est dit. Si jamais Agnès te rappelait et était enfin sur la même longueur d'ondes que toi, si elle mettait la charrue après les boeufs, quelle serait ta réaction. Repartirais-tu avec elle sur ces nouvelles bases ou alors tu considère que c'est mort et sans retour ?
Au pire, si c'est mort et sans retour, nous les lecteurs, on y gagne ! On aura de nouveau plein de beaux articles !!!
Bisous bisous bisous

Raphaël Conforti 19/08/2009 08:36


C'est marrant, il y a toujours, dans ce qu'on écrit, des choses que les autres voient et qu'on n'avait pas vu. C'est révélateur :)
Pour le reste, tu auras une réponse à mon prochain billet, à mon retour. Mais ce qui est fait est fait et je ne sais pas si le fait qu'elle revienne sur ses propos y fasse quelque chose.
Changer de personnalité, de caractère : tu y crois, toi ?