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Qu'est-Ce ?

  • : Le blog de Raphaël Conforti
  • Le blog de Raphaël Conforti
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T'es Qui Toi ?

  • Raphaël Conforti
  • Célibataire et donc sur le marché, la question se pose: Suis-je encore potable ? Je tente de trouver des réponses...
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En chanson

Vous aurez noté que j'ai châpeauté certains de mes billets de titres de chansons.
Montrez-moi votre culture musicale en me nommant les interprètes !
Je vous y aide, les titres concernés sont suivi d'un astérique...

Punaise, je me "cuculise", mais il fallait bien que je le dise ! Personne n'avait relevé ce détail !
Mon prochain blog sera un blog de fan de Cloclo. Ou alors sur le crochet. Ca marche bien les blogs sur le crochet...

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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 02:19

Je suis à Paris, sur le boulevard Saint-Germain je crois. Il y a des vitrines de fringues, de chaussures, mais quand je vois ce disquaire avec tous ces vinyles exposés sur le trottoir, j'entre. Je me dis que je pourrais trouver ce que je cherche. Je fouille dans les bacs puis demande à un vendeur.

-Bonjour, je cherche un disque de jazz-fusion de 1976, un George Duke, mais je ne me souviens plus du titre...

Il m'a bien aidé, j'ai trouvé ce que je voulais, et plus ! J'ai mon disque vinyle et un autre, en vinyle aussi.

Je m'assois sur un banc pour les déballer et lire tous les titres que je pourrai écouter, je suis content.

Plus loin devant moi, un cortège de voitures de police, des vans, de police aussi, arrivent en trombe et s'arrêtent. La scène paraît ralentie mais les gestes sont précipités, un bataillon entier sort des véhicules. Pendant qu'un groupe commence à déployer des rubans il a un flic qui cours vers moi en faisant signe. Juste le temps d'apercevoir le gros sac à côté de moi, il explose. Je crois que c'était une grosse explosion.


Deux tours de serrure, j'ouvre la porte de chez moi. Le studio mansardé est bien éclairé par les deux vélux, Agnès est assise dans un fauteuil sous l'un d'eux. Elle lit un livre avec un bloc note sur les genoux, stylo à la main. Son chat est couché à côté d'elle par terre. Ça me gonfle qu'elle amène son chat, il va me foutre plein de poils partout, mais bon... j'entre et m'approche d'elle.

-Je t'attendais plus tard, dit-elle sans lever la tête. Qu'est-ce qu'il t'arrive ?

-J'ai fini tôt, à trois heures.

Ça doit être à cause du ton, monocorde, que j'avais employé : elle lève la tête

-C'est vrai, t'as des horaire cool. Qu'est ce qu'il t'arrive ? dit-elle en me prenant la main. Tu trembles...

Oui tiens, je tremble

-Je ne sais pas, répondè-je.

J'ai du mal à trouver me mots :

-J'étais assis, puis... mes tympans ont éclaté, mon dos s'est déchiré, mes yeux ont brûlé...

-Je comprends pas, rétorque t'elle. Puis amusée: tu te portes plutôt pas mal après ça !

Pfff, j'en peux plus. Je m'écroule dans l'autre fauteuil plus loin.

-Je comprends pas non plus... l'instant d'après, j'étais assis sur le banc et rien ! C'est comme si il ne s'était rien passé mais j'y étais ! Mon cœur s'était arrêté et là il battait à deux-cents, et j'avais chaud la vache ! Et puis j'avais acheté deux vinyles et regarde, j'ai un vinyle et deux CD !

Là Agnès me gonfle :

-Oui, au paradis y'a pas de vinyle ! Tu as fait un cauchemar ou quelque chose comme ça, t'es surmené, non ? Tu prends des trucs en ce moment ?

-Arrête de déconner ! Je sais ce qu'il m'est arrivé ! Je crois qu'une bombe a explosé sous moi ! Je dors pas sur les bancs publics tout de même !

-Et comment t'expliques que tu sois entier, gros malin ? T'es pas mort ? Ou alors je le suis aussi mais j'ai rien senti !

Je me lève en me désignant.

-Mais j'ai cru mourir ! Je sais ce que ça fait mais je n'ai aucune marque... je ne sais pas comment t'expliquer ça !

-Bah justement, je vois pas de séquelle, t'as tes deux bras. Repose toi, t'es surmené, tu oublieras, conclut-elle.


Je me réveille. Agnès est dans le coin cuisine, habillée, prête à sortir. Elle doit être en train de mettre son bol dans l'évier. Elle vient me retrouver, dans mon lit pliable style futon à l'autre bout du studio. Elle m'embrasse.

-Au revoir, dit-elle.

-Au revoir. T'es du matin toi ?

-Oui, service du matin, comme d'habitude le vendredi, répond-elle.

-Quoi ? On est vendredi ? Arrête, on est samedi Agnès ! Hier on était vendredi...

Agnès prend son sac et sort. Avant de claquer la porte, elle dit :

-J'en suis sûre, vendredi. Promis !

-Au revoir quand même.

Bon, il n'y a plus qu'a me lever. Je vais me faire mon petit-déjeuner. Là le chat monte sur le lit et s'assoit sur mes cuisses. Il n'y a personne d'autre à qui parler, alors :

-Je te jure Chachat, hier c'était marqué " vendredi 10 " sur l'horloge du boulot. Et le planning aussi...

Je me lève, le chat, bousculé, se sauve. Il fait chaud, je reste en boxer pour prendre mon petit-déjeuner.

Côté cuisine, sur la table sous un vélux, un bol est déjà posé. Je me verse du lait chaud sur du cacao en poudre. Je m'assois devant mon bol et prépare mes tartines. Beurre salé confiture d'abricot.

Le chat monte sur la table et s'assoit aussi. Eh je te permet pas toi ! Dis-je mentalement. T'es pas chez toi ! Déjà sur le pieu c'est limite...

Là, je suis sur le cul, il m'adresse la parole :

-Tu as de la chance d'avoir pu passer. Comment as-tu fait ?

Je recule d'un coup : le frayeur de ma vie (oui, hier je n'ai pas eu le temps de me rendre compte). Bouche bée, je m'arrête de tartiner. Je fixe ce chat. Il reprend :

-Oui, tu as passé une frontière sans autorisation, qu'est-ce qui t'étonne ?

Que dire...

-Moi ? Rien du tout. Mais tu parles ! Tu voudrais que je ne sois pas étonné ? Et qu'est-ce que tu racontes ?

-C'est comme ça, et c'est moi qui ai des questions à poser. Comment es-tu passé ? Continue-t'il.

-Passé quoi ?

-Tu ne le sais pas ? Tu te fous de ma gueule, on passe des frontières comme ça et on s'aperçoit de rien ?! Ça coute cher...

Je ne sais pas quelle tête je peux avoir là mais je trempe compulsivement ma tartine et en croque une bouchée en fixant le chat.

Lui continue :

-Mmh... tu as changé de monde. Tu es dans un monde dans lequel il n'y a pas eu de bombe, dans lequel nous sommes vendredi et dans lequel tu as acheté deux CD au lieu de deux vinyles. C'est ce qu'on a répertorié comme détails changés. Et enfin tu es dans un monde dans lequel tu n'es pas mort. C'est un abus ! Tu n'as pas le droit de changer de monde comme ça sans autorisation.

-Mais je ne sais même pas ce qui m'arrive !...

-Dans l’univers, il y a une infinité de mondes qui coexistent en parallèle et personne ne peut franchir les barrières comme ça... Moi je suis une " entité douanière ", je contrôle... et je dois savoir où est passé le Raphaël Conforti du monde C.23.4521, en gros…

Je me passe la main dans les cheveux.

-J'ai pas compris.

-Si, Une infinité de mondes, dans une infinité de dimensions, avec une infinité de possibilités, de combinaisons. Après enquête, j’ai répertorié un monde où tu joues au golf. Et un dans lequel tu es un meurtrier anthropophage recherché par la police. Là, tu as de la chance, ce ne sont que quelques détails qui changent. Ça aurait pu être pire...

Je me lève pour regarder à la fenêtre.

-Ouais, j'ai de la chance...

-Oui, sans contrôle et sans être aidé tu as réussi à tomber là où il n’y à que quelques détails qui changent. Un truc aussi précis n'arrive pas en temps normal. Normalement, on fait ça devant des choix difficiles, les responsabilités, la politique... Et hop! Nous, on arrive avec un pacte et les problèmes sont gommés. Toi tu n’as rien demandé.

-Comment ça se fait ?

-La bombe ? Il faut vérifier, ça va être un problème, c’est la première fois que je vois ça.

Je me rassois, je bois un peu de mon lait, mange un bout de tartine. Le stress retombe. Je crois entrevoir où je vais, à qui j'ai à faire :

-Qu'est-ce que tu glandes en chat toi ?

-J'ai rien trouvé d'autre. Je suis arrivé au bout de ma dépouille précédente. Il n'y avait qu'un chat ici et je te signale que tu ne m'as pas donné l'autorisation d'utiliser ton apparence. Alors: le chat.

Il commence à me faire rire lui. La totale maitrise du feu mais il me court derrière pour avoir ma peau, enfin...façon de parler...

-Oui, ben je ne suis pas là pour ça aujourd'hui. Il faudrait que tu réintègres ton monde habituel, si tu le souhaites...

-Mais dans mon monde habituel je suis crevé. Et ici je pourrais avoir de mauvaises surprises. Il y a un intermédiaire ? Comment on peut faire ?

Je trempe une tartine et mange une bouchée.

-Facile, tu signes un pacte, répond Lulu (on est familier maintenant). On signe un pacte et on s’arrange: tu traverses la rue et on y fait passer un autobus en même temps...

Si tu signes, je pourrais te demander deux ou trois choses en contrepartie. Tu saisis ?

-Tu abuses, tu es en position de force pour marchander. Ça fait mal ?

-Bof, comme hier

-Ah, quand même.

-C'est la vie

-C'est la mort tu veux dire.

-Bon ! Décide toi ! S'impatiente-il. Comme avant, avec la bombe? Sans ? Autre chose ? Vas-y puisque je suis là.

-Bien... comme avant, sans la bombe bien sûr.

-Bien sûr, je note.

-Et... avec Chantal.

-Chantal ET Agnès ?

-Non Chantal seule.

-D'accord. Il y a un papier dans le tiroir. Tu le prends et tu signes... Avec ton sang...

J'ouvre alors le tiroir de la table au dessous de mes genoux, j'y prends un papier blanc avec un signe étrange en entête. Je le pose à côté du bol sur le miettes de pain. Avec le couteau qui m'avait servi pour mes tartines, je m'entaille légèrement l'index droit et signe.

Je n'avais jamais vu de chat satisfait comme ça :

-Voilà, c'est vendu !


Je me suis réveillé en sueur, il faisait chaud samedi dernier. Il pouvait pas s'interrompre avant terme ce rêve, comme les autres ? Fait chier. Je vérifiai que c'était bien Agnès à côté de moi. Oui, c'est bon. J'ai vraiment signé ?

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Published by Raphaël Conforti - dans Ma pomme
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commentaires

beaverstef 15/07/2009 22:00

Quel article Don Juan... En effet tu mets le temps (sourire) mais très honnêtement j'adore ta plume... A quand la prochaine? Je guette...
Bisous raph...

Raphaël Conforti 16/07/2009 00:08


Merci Beaver, à bientôt alors.
Bises


John 15/07/2009 16:06

Lulucifer ne faisait aucun doute dans mon esprit, mais manquant de Chips, je me suis rabattu sur ses cornes. ;-)

John 15/07/2009 15:25

Il est comment Lulu ? Parceque le chat des voisins, quand il me "parle", cela me fout les jetons parfois. J'ai vraiment l'impression qu'il en sait plus qu'il n'en a l'air. Je me demande si ce n'est pas le même.

John, d'un monde parallèle.

Raphaël Conforti 15/07/2009 15:40


Lulu, c'est une vieille connaissance, pas toujours chat : cliques sur les liens du billet :)
Sinon le chat d'Agnès s'appelle Chips et il est bien innocent


La benjamine 15/07/2009 14:49

Là je suis intriguée car personne n'a fait de commentaire sur ton dernier paragraphe: tu as signé pour Chantal??? rêve ou cauchemar?

Raphaël Conforti 15/07/2009 15:38


T'as vu la tronche du truc ? Cauchemar !


Maelle 14/07/2009 18:47

Ma fille a donc raison.. il faut se méfier des chats...

Raphaël Conforti 15/07/2009 00:57


Non, le pauvre. Il n'a rien demandé celui-la !