Je devais voir Clara en fin d'après midi. Enfin... voir Clara. La toucher, la caresser, la lécher...
Je finissais tôt, 15h00 et nous devions nous retrouver chez moi à 16h30. De midi à 15h00 la tension était montée doucement. Attention, la bonne tension, celle qui m'émoustillait en pensant à cette promesse sensuelle, celle qui me faisait déjà bander en pensant où je serai à 17h00.
Je sortis de mon travail et pris le tramway. Mon téléphone sonna. Un SMS... « Un empêchement, je ne pourrai pas passer te voir ». Merde ! Elle le fait exprès ? Qu'est-ce que je vais faire maintenant ? Rentrer chez moi. Fait chier quand même, je me faisais une joie. « Bon... occupons nous » me dis-je. En face de moi, un type lisait un journal gratuit. Je m'en fous. Ma voisine était pas mal, une blonde, l'air jeune, vingt-huit ans peut-être. Elle écoutait de la musique, elle avait des oreillettes. « Vous écoutez quoi ?
-Comment ? Elle enleva une oreillette.
-Vous écoutez quoi ?
-Madonna, elle sourit en répondant.
-Vous êtes fan ?
-Oui, j'aime bien », elle allait remettre son oreillette. Il fallait que je trouve quelque chose à dire, vite ! « sympa Madonna »? Non, trop banal. « Elle est en concert bientôt »? Mais je m'en fous des concerts de Madonna ! L'oreillette est presque arrivée à destination. « Je lis dans les MP3 !
-Quoi ?
-Oui, dites moi ce que vous écoutez, je vous dirai qui vous êtes, dis-je en souriant. Elle pouffa.
-Ben, j'écoute Madonna, elle attendait ma réponse, toujours souriante.
-Ouais, hé bien, déjà vous êtes blonde. C'est pour de faux ? Son sourire s'élargit, je continuai: et vous aimez la pop. Vous écoutez Shakira, Beyoncé et par dessus tout Justin Timberlake...
-Mais c'est trop facile !
-Vous écoutez vraiment Justin Timberlake ? Pfff, c'est nul ! Lançai-je sur un ton ironique. Je le pense mais vaut mieux utiliser un ton ironique dans ces cas la.
-Non, c'est pas vrai ! Il danse super bien ! » Répondit-elle.
Nous arrivions presque au terminus. « Vous accepteriez de boire un café avec moi ? Demandai-je. Elle hésita deux secondes.
-Oui, je veux bien »
Nous allâmes alors dans un café où je pris un espresso. Elle aussi.
Là nous avons eu une conversation, telle que peuvent en avoir deux personnes qui ne se connaissent pas. Je n'ai pas vraiment accroché. Pour le cul oui, ça m'aurait plu mais je n'étais pas en forme, je pensais à ce rendez-vous manqué avec Clara. Je savais que ça ce serait bien passé avec elle, nous sommes compatibles sexuellement et passer à côté de ce moment de grâce me minait un peu. Alors, j'ai salué Isabelle, c'était son prénom, sans lui demander son numéro. Elle ne me l'a pas donné ni demandé non plus. Je la remerciai pour ce moment agréable et partis.
J'attendrai des nouvelles de Clara, je ne lui en demanderai pas. Et puis quoi encore ?
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