-Bonjour, c'est Isabelle, m'avait dit une voix au téléphone.
-Isabelle ? Avais-je demandé.
-Oui, la fille de la voisine de mademoiselle Pellas.
Mademoiselle Pellas. C'est vrai que Géraldine garde ses distances avec ses voisins depuis que, il y a quelques années, dans un autre appartement, une voisine était
devenue son " amie " et vienne presque tous les soirs lui siffler ses bouteilles, son thé et ses cacahuètes. Et les noix de cajou.
La voix d'Isabelle était hésitante, intimidée.
-Ah oui, je vois, avais-je répondu.
Mais je ne voyais rien du tout, je ne l'avais jamais vue. Si je l'ai déjà croisée un jour, c'est sans savoir qui c'était.
Nous avions convenu d'un rendez-vous dans un bar du quinzième. Pas loin de chez elle, pas loin de mon lieu de travail. J'y était allé avec l'intention de me laisser
faire. Après tout, c'est elle qui avait commencé.
J'étais entré dans le bar, elle était déjà là. Elle s'était levée quand elle m'avait vu. Elle est mignonne. Belle même. Ses cheveux blonds et lisses, longs
jusqu'aux épaules, entourent son joli visage ovale de trente ans avec un petit menton pointu, mignon.
Le jeu était bien parti, elle parlait, je répondais, elle relançait. C'est elle qui draguait ! Mais vite, le naturel était revenu. Les habitudes... une fois qu'elle
avait eu les informations qu'elle voulait elle se tut. Même dans les situations où il est convenu que c'est la femme qui doit faire " l'effort ", ça ne marche pas plus de dix minutes.
Je dus reprendre les choses en main. Plutôt fermement, dans cette situation, où c'est elle qui m'avait demander mon numéro et où c'était donc presque acquis, je pouvais :
-Arrête de caresser ce verre, ça me donne des idées !
Elle avait rougi. En souriant, c'était l'effet voulu, elle aurait pu mal le prendre mais comme je le disais, c'est elle qui avait fait le premier pas, elle n'allait
pas se sauver tout de même...
Mais il faut faire attention, tout de même, avec les allusions sexuelles dès le premier quart d'heure du premier rendez-vous, j'eus chaud rétrospectivement, j'y
étais allé un peu fort.
Ce petit rendez-vous s'était bien passé et nous nous étions dis que nous nous rappellerions pour nous revoir.
Je l'avais rappelée. Et nous nous revîmes. Une semaine après, la semaine dernière car nous avions tous les deux des occupations qui tombaient mal. Une semaine
d'attente, c'est bien parfois. Belle attente que d'attendre de revoir quelqu'un qui ne nous manque pas encore. Il y a de l'espoir dans ces retrouvailles. Espoir de quelque chose de beau. Au
mieux, sinon un peu de plaisir.
Dans un petit restaurant où elle était déjà venue quelques fois, nous dînions. Je n'étais pas stressé, je pensais que c'était joué. Pensez vous : une fille qui me
demande mon numéro avec la bénédiction de sa mère ! Le seul hic, c'est que si ça marche et que ça finit mal je crains que les relations de voisinage de Géraldine ne se dégradent. Mais je ne
m'arrête pas à ces détails.
Le restaurant était tout mignon, Isabelle toute mignonne et toute en sourire. Je fis attention de manger assez léger car je prévoyais une activité physique assez
intense le même soir.
-Tu n'as pas beaucoup d'appétit dis moi, observa t-elle.
-Jamais le soir, rétorquai-je. Et puis je me réserve pour le dessert, continuai-je en souriant.
Je vous jure que je pensais à la mousse aux trois chocolats ! Si alléchante sur la carte...
Après le dessert, nous sortîmes marcher en continuant de parler de sa mère, de Géraldine, ce que je faisais chez elle... je m'abstins de tout lui
dire.
Durant les deux heures qui avaient précédé nous nous étions fait face. Je l'avais regardé, souvent dans les yeux qu'elle détournait après cinq secondes. Dix vers la
fin. Là nous étions côte à côte. C'est embêtant pour les jeux de regards. Alors d'un pas (latéral) léger et rapide je me mis devant elle et stoppai net. Elle me bouscula, surprise et gênée. Je la
regardai alors dans les yeux, lui pris les mains et avançai mon visage vers le sien. Sa bouche fit l'autre moitié du chemin pour rencontrer la mienne. Que j'aime ce moment.
Je ne sais pas vous, mais moi, tant de frissons en cette saison, ça me refroidit. Après quelques minutes de marche je demandai à Isabelle si elle n'avait pas froid,
elle, si elle ne voulait pas prendre un thé ou ce qu'elle voulait pour se réchauffer. Elle accepta l'invitation.
Arrivés chez moi, elle enleva son imperméable pendant que je fis bouillir de l'eau dans la bouilloire électrique. Pendant que l'eau commençait à frémir nous nous
embrassâmes passionnément. Elle me caressa par dessous mon pull, je fis de même sous son chemisier. Elle effleura mon ventre, je touchai son dos. Elle caressa mon dos, je lui saisi les hanches
pour la plaquer contre moi. L'eau amorçait son ébullition. J'entendis le " clic " de l'arrêt automatique le la bouilloire mais nous étions allongés sur le canapé déjà à moitié nus. Je
lui enlevai son soutien-gorge pour découvrir ses jolis petits seins, toniques aux mamelons roses. J'eus envie de les prendre dans ma bouche. Je me retins pour les effleurer du bout des doigts,
avant, les caresser de la paume, ensuite, les englobant autant que possible, finalement. Je léchai enfin le contour de son sein droit en continuant de toucher le gauche. Cela lui plaisait
apparemment beaucoup. Du salon nous passâmes à ma chambre ou nous finîmes de nous déshabiller. L'eau devait être tiède maintenant, on verra demain matin pour le thé.
Je découvris son corps, splendidement fait. Ça a quelque chose d'émouvant de se voir révéler ces courbes pour la première fois ; d'aussi belles courbes : en creux
les hanches, en plein les fesses. Et le reste. Je continuai de caresser. J'en étais à ses jambes fuselées et remontai, en passant par l'arrière de la cuisse, vers son sexe. Il était humide. Très.
Dans le même temps, elle me découvrait aussi. Je ne saurais dire ce qu'elle pouvait penser mais elle souriait. Elle m'excitait en me caressant le ventre, l'intérieur de mes cuisses et mon sexe.
Elle prenait mon visage dans ses mains pour m'embrasser.
Mon pénis était tendu de désir dirigé vers son entrejambe. Elle continuait de me toucher, me masturber. Elle interrompit ses gestes deux secondes pour me dire dans
un souffle :
-T'es beau.
Ça fait quelque chose. Un truc au ventre et à la poitrine. C'est la première fois qu'on me le dit comme ça. On m'avait déjà dit " tu me plais ",
" j'aime ta bouche " ou " j'aime tes caresses " mais " t'es beau " comme ça, non. Ça englobe un tout, on ne peut pas dire mieux. Alors quand elle me le dit, je fus
ému. J'eus envie d'elle, tout de suite. J'enfilai un préservatif fin le plus rapidement possible pour savourer ce moment de grâce : cette émotion liée au plaisir intense de la première
pénétration. Elle gémit. Je commençai alors un mouvement de vas et viens, doucement. Elle gémit encore. Puis elle cria. " Wow ! Quel effet je fais ! ", me dis-je. Elle criait vraiment
fort ; à un tel point que je me demandai si elle ne le faisait pas exprès. Ça me fit sourire, puis rire. Je me retins mais c'était trop tard, mes mouvements m'avaient trahis, ainsi que mon
souffle qui s'était transformé, durant un instant, en ricanement.
-Quoi ? Demanda t-elle.
-Non rien, un détail, c'est pas grave.
Elle n'insista pas et nous continuâmes. Je finis par venir, sans jouissance, déconcentré que j'étais par l'"incident". Nous nous endormîmes dans les bras l'un de
l'autre. Parfaitement emboités, nous ne nous sommes pas gênés et nous passâmes une bonne fin de nuit.
Au petit matin, nous avions encore envie l'un de l'autre. Elle cria à nouveau, mais là, j'étais prévenu ; elle me fit plaisir, intensément.
L'eau était froide dans la bouilloire. Je la vidai dans l'évier et fis bouillir du lait dans une casserole : elle voulait un café au lait. Je bu un chocolat.