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  • : Le blog de Raphaël Conforti
  • Le blog de Raphaël Conforti
  • : Je vous propose un blog sur ma pomme. A croquer.
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T'es Qui Toi ?

  • Raphaël Conforti
  • Célibataire et donc sur le marché, la question se pose: Suis-je encore potable ? Je tente de trouver des réponses...
  • Célibataire et donc sur le marché, la question se pose: Suis-je encore potable ? Je tente de trouver des réponses...

En chanson

Vous aurez noté que j'ai châpeauté certains de mes billets de titres de chansons.
Montrez-moi votre culture musicale en me nommant les interprètes !
Je vous y aide, les titres concernés sont suivi d'un astérique...

Punaise, je me "cuculise", mais il fallait bien que je le dise ! Personne n'avait relevé ce détail !
Mon prochain blog sera un blog de fan de Cloclo. Ou alors sur le crochet. Ca marche bien les blogs sur le crochet...

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 08:00

 

A.Celentano. Dormi Amore...

Ça fait un certain temps que ça me trottait dans la tête.
Je fais du sport depuis l’enfance, de l’athlétisme et de la course à pieds depuis l’adolescence jusqu’à aujourd’hui. Mais à chaque décennie j’ai une envie de changement. Avant la vingtaine je m’étais mis au triathlon. A cette époque ce n’était pas aussi commun et j’ai pu m’aligner avec quelques pionniers de la discipline. Wow. Je ne vous dirais pas que j’ai rivalisé avec eu, ça se serait su. Je me suis bien défoulé durant ces cinq saisons, j’en avais peut-être besoin.
A l’approche de la trentaine, j’ai cherché un art martial qui me conviendrai. Beauté du geste et efficacité des frappes, je me fixai sur le kung-fu. Je n’avais pas théorisé la chose mais je crois que j’avais besoin de me défouler. J’étais très content durant ces trois années. J’apprenais de nouvelles choses avec mon corps.
Après un défi que je m’étais lancé à moi même, je me reconsacrai exclusivement à la course à pieds pour retrouver mes chronos d’antan sur les routes. J'y suis parvenu.
Depuis trois ans maintenant, j’ai envie de faire de la boxe. Envie d’enfiler des gants et taper fort. Dans un sac, un sparing partner. J’ai souvenir d’un copain d’entrainement qui en faisait parallèlement à la course à pied il y a une quinzaine d’années. Ça me semblait attrayant.

Alors quand Maxtine m’a proposé, cet été, d’en faire ensemble je n’ai pas refusé ! Maxtine est une collègue. Elle a vingt ans et est excessivement féminine même quand elle est en jeans-baskets. Elle est brune, s’habille toujours en noir, se maquille de noir,en assombrissant ses paupières, réminiscence, j’imagine, d’une adolescence gothique ou simplement par coquetterie mais elle n’y pourra rien : elle est lumineuse.
 -J’ai envie de faire de la boxe, me dit-elle au cours d’une conversation. Nous parlions sport en zappant sur des chaines sportives. L'avantage de bosser à la télé, c'est qu'elle est toujours allumée et personne n'a rien à y dire.
 -C’est marrant moi aussi, j’y réfléchis depuis quelques temps, répondis-je.
 -On a qu’à en faire ensemble !
 -C’est une idée, oui. Ça devrait me motiver !
Une idée motivante, irrésistible...

 

Un autre point de vue

 


(Photo : Adriano Celentano, Dormi Amore -La situazione non è buona- by Titia)


Published by Raphaël Conforti - dans Ma pomme
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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 05:55

 

Avant l'échange de SMS, il fallait bien que je rencontrasse Nikki. C'était juste après nos mojitos, Rémi et moi continuions de bavarder sur le même sujet, moins à jeun :

   -C'est pour ça que les yeux sont importants. C'est une fenêtre. La fameuse fenêtre de l'âme, continuai-je. Si tu les vois pas, les yeux, tu vois pas l'âme.

   -Pfff. C'est tout ce que Rémi m'opposa pour montrer son scepticisme.

   -Si ! Ce qui nous attire chez l'autre, chez une femme en l’occurrence, dépasse le physique : le fond de l'être transparait par le physique, l'expression du visage, le regard. C'est pour ça que les filles avec qui tu sors ne me plaisent pas forcement.

   -Hum, l'inverse est vrai aussi.

   -Soit. On peut être attiré par quelqu'un qui ne plaira pas à son entourage !

   -Tu a raison Raphaël, le physique importe peu mais si elle pouvait avoir des jambes d'un mètre vingt, ce serait pas mal, dit Rémi, pensif.

C'est alors que Georges arriva. Nous l'avions appelé un peu avant, il sortait de son travail pas trop tard, nous lui avions proposé de nous rejoindre. Nous nous saluâmes, il s'assit.

   -Ça me fait plaisir de vous voir les amis ! J'ai rencontré quelqu'un à la salle, il y a cinq jours. Ça se passe plutôt bien... Je lui ai demandé de passer nous retrouver. Ça va ?

   -Pas de problème, répondit Rémi.

   -Mais on ne pourra pas continuer nos conneries, devant une fille ! dis-je.

   -T'inquiète, je les dirai à ta place ! plaisanta Georges.

Georges est particulier. Avec lui nous avons des discussions hallucinantes. Hallucinantes car gênantes, même pour moi. Il raconte par le menu détail ses aventures sexuelles avec ses nouvelles comme ses anciennes conquêtes. Ça ne me dérange pas en soi mais le fait que nos voisines de table, qui étaient des interlocutrices potentielles, entendaient tout m'embarrassait un peu. Car Georges parle fort, y compris quand on aborde les détails sensibles. Je ne pense pas qu'elles voudraient nous adresser la parole après avoir entendu la revue de ses prouesses sexuelles avec Martine et le vocabulaire fleuri s'y référant, ou des dernières découvertes scientifiques qui ont mis à jour un lien de parenté entre la chatte et la moule.

Son amourette en court se présenta devant nous. Nous nous présentâmes en lui faisant une place à table.

   -Bonjour, moi c'est Nikki, dit-elle.

Me voyant tiquer, elle continua en souriant:

   -Plus personne ne m'appelle Nicole. C'est Nikki.

Il y avait de quoi tiquer : à mes oreilles ce diminutif sonne "grosse cochonne". Nikki évoque la chanson de Prince, la cinquième de l'album Purple Rain où il est question d'une jeune femme facile (c'est un euphémisme). Qu'est-ce que j'ai pu écouter ce disque !

Nous avons parlé de choses banales, d'actualités, du fait que la coupe du monde de football féminin qui vient de finir est passée assez inaperçue, que les coureurs du tour de France sont tous, sans exception dopés, alors que, selon Georges, les footballeurs non. Je lui dit qu'il exagérait. Durant ce temps, Nikki me troublait. Je la regardais. Elle soutenait mon regard. Ça me faisait plaisir, il y avait quelque chose, je ne saurait dire quoi. Ses yeux bleu plissés, sa bouche fine, son carré brun, ou les trois réunis... Elle me sourit, je lui répondis.

Quand il eut fini sont verre de rosé, Georges dû partir.

   -Je suis désolé mon bébé, j'ai pas mal de choses à finir. Mais je te laisse avec mes amis ! dit-il en souriant.

Nikki était moins souriante, déçue de cet abandon soudain, mais elle fit l'effort de nous faire la conversation. Rémi lui montrait un certain intérêt et je me dis alors que ça allait être la guerre. Alors qu'il partait dans la description des grandes œuvres de sa vie, je me contentais de souligner certains faits et surtout de ne pas trop détacher mon regard de celui de Nikki.

Arriva le moment de partir. Nous nous sommes tous les trois levés, Rémi et moi partageâmes l'addition et Nikki nous remercia en nous saluant. Rémi profita de cet instant pour lui demander son numéro de téléphone. Je m'abstins ensuite de le mendier : passer en second ferait mesquin, fiérot pas content de se faire griller la politesse, alors même si j'avais envie de la revoir, non.

Je me penchai pour l'embrasser sur la joue et elle me dit :

   -Tu me donnes ton numéro Raphaël ?

Je ne me fis pas prier.

 

A propos de Georges (histoire de resituer)

 


Published by Raphaël Conforti - dans Oh les filles oh les filles !
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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 08:40

 

                                       Mode SMS :

 

Dimanche 17

 

dim. 13.39. Raphaël

Bonjour:-)

J'ai été content de papoter avec toi et faire ta connaissance avant-hier.

Bon dimanche.

 

dim. 14.54. Nicole

Bonjour Raphaël oui cetait sympathique merci et bonne journée

 

dim. 20.17. Raphaël

Dis... tu aimes les glaces ?

 

dim. 20.30. Nicole

Oui j'aime bien toi aussi ?

 

dim. 20.33. Raphaël

Oui, je t'emmènerai chez un super glacier ! De renommée internationale !

 

dim. 22.31. Nicole

Daccord super, bonne soirée

 

 

Lundi 18

 

lun. 10.50. Raphaël

En attendant la glace, on prend un verre demain ?

 

Mardi 19

 

mar. 20.17. Nicole

On devait pas prendre un verre ? Où ça quand ?

 

mar. 20.26. Raphaël

VTF

 

mar. 20.29. Nicole

Quoi ?

 

mar. 20.26. Raphaël

Reviens l'année prochaine...

 


Published by Raphaël Conforti - dans Ma pomme
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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 09:50

 

bar-le-fumoir.jpg

 

   -Je n'aime pas les filles qui portent des lentilles de contact de couleurs, dis-je.

   -Pourquoi ? répondit Rémi.

   -Ça fait un truc artificiel dans le regard et dans la personne en général, puis pourquoi masquer ta couleur naturelle d'yeux ? Imagine t'as les yeux marron. C'est beau des yeux marron. A moins d'avoir à faire à un phobique du marron il n'y a aucune raison de vouloir cacher ça, c'est le phobique du marron qui est con, qui se fourre le doigt dans l’œil.

   -Mouais, ça se tient, conclu Rémi.

Il m'avait entraîné au Fumoir pour boire un mojito où nous avions vu cette fille aux yeux vert inexpressifs parce que factices.

C'est d'abord les yeux de son amie que nous avions vu.

   -Elle a des yeux ! s'était exclamé Rémi, des yeux d'une beauté !

   -Oui mais elle n'a que ça. C'est con, avait-je rétorqué.

   -Oh, mais ses yeux quoi ! Elle a de beaux yeux !

   -Une sacré surcharge pondérale aussi.

   -Tu déconnes Raphaël, tout est dans l'harmonie, comment c'est porté tout ça...

   -Tu as certainement raison.

   -Oui j'ai raison, elle est jolie, une certaine allure...

   -Et la grâce d'une Néandertalienne, coupai-je.

   -Putain ! T'es en manque ou quoi ?

   -Non justement, je deviens difficile peut-être.

   -Bois.

Et je bus.

Ce bar, le Fumoir, a certainement perdu de sa superbe ; il a la classe de son architecture intérieure joliment dix-neuvième siècle, ses fauteuils club, ses boiseries, sa bibliothèque mais il est fréquenté par des nouveaux riches, des pouffiasses en goguettes... Rémi et moi. Et le service n'est pas toujours à la hauteur de ce que peut laisser espérer la décoration et la carte. En revanche, le mojito que je buvais ne pouvait être préparé que dans un lieu comme celui-ci, pas dans un troquet du onzième. Cet équilibre entre tous les ingrédients et cette teinte rosée trahissant le trait d'angostura qui rend inimitable ce cocktail quand il est préparé par un barman de classe internationale, derrière son comptoir en bois massif.

Nous arrêtâmes donc, vu notre désaccord, de parler de ces jeunes femmes deux tables à droite et reprîmes un autre verre.

   -La même chose s'il vous plait.

 


Published by Raphaël Conforti - dans Rémi et Compagnie
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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 08:00

 

    Avant de lâchement abandonner le blog j'avais laissé entendre que je racontais mes déboires à Géraldine. Parce que Géraldine peut toujours se foutre de ma gueule en commentant mes histoires, elle ne s'en sort pas mieux. Si je m'étais confié à elle c'est qu'elle me relate aussi ses affaires. Pendant que je me démenais avec Marianne et Christelle, elle vivait une aventure avec Étienne.

Elle avait commencé en ligne.

   -Tu te mets au net toi ? lui demandai-je.

   -J'ai le net depuis plus longtemps que toi, gros malin !

   -Aux sites de rencontres j'entends...

   -Ah ! Oui, c'est pas un mal, entre une rencontre dans un bar et ça... et puis ce n'est plus aussi mal vu...

C'est vrai, ce n'est plus aussi mal vu.

Étienne avait donc pris contact avec Géraldine. Elle n'aurait jamais donné suite à ce type qui se présentait à elle sans photo de lui mais une photo d'Henri Serre dans Jules et Jim et s'il ne s'était pas attribué Jim comme pseudo. Inscrite comme La Femme d’à Côté, elle y avait été sensible. Ils avaient parlé, bien-sûr, de François Truffaut, de cinéma en général et leurs échanges étaient devenus de plus en plus personnels et intimes. Jusqu'au jour ou Jim/ Étienne lui avait proposé de la rencontrer. Elle l'avait un peu pressé pour savoir à quoi il ressemblait mais n'avait pas insisté de peur de perdre le contact en le froissant. C'est qu'il y avait quelque chose de fascinant dans cet échange avec l'inconnu ; une certaine complicité s'était installé entre eux, même si elle le trouvait salaud de ne pas se montrer alors qu'elle avait, elle, affiché sa photo. Elle avait décidé de ne pas lui en tenir rigueur, elle verrait bien lors de leur rendez-vous, elle pourrait écourter si elle voulait.

Il lui avait proposé un rendez vous précis à un horaire pile, il lui avait demandé de ne pas être en retard : jeudi à dix-neuf heure cinquante au cinquante-et-un rue Quincampoix à Paris. Il lui suffirait d'entrer.

Le jeudi dit, elle était arrivée à l'adresse donnée et avait maudit Étienne : Elle se trouvait devant Dans le noir, ce fameux restaurant où l'on mange dans l'obscurité complète, "une expérience extraordinaire".

   -Mes fesses, c'est la baffe que je voulais lui donner qui est extraordinaire !

   -Dans le noir c'était pas évident j'imagine, répondis-je.

Elle était entrée et se fit accompagner par une hôtesse jusqu'à Étienne qui, visiblement l'avait briefé.

   -T'es vraiment un enfoiré ! lui avait dit Géraldine en guise de salutation.

J'aime bien imaginer Géraldine dire ça à un inconnu, dans le noir ou ailleurs, c'est bien son genre.

   -Attends avant de t’énerver, lui avait répondu Étienne sur la défensive. Tu verras, c'est une belle expérience.

Et ça a été une belle expérience pour Géraldine. Le repas était pas mal mais c'était le jeu des devinettes qui avait émoustillé ses sens : sentir les plat, toucher les aliments, elle ne sait pas si ça se fait mais personne ne regardait, alors...

Étienne avait une jolie voix, légèrement cassée mais jolie, masculine. Pour se donner une idée de ce à quoi ils ressemblaient, ils s'étaient mutuellement touchés le visage. Ça ne donne rien de concret, rien qui permettait de dire à une habituelle voyante comme Géraldine s'il lui plaisait ou non mais cette soirée l'avait captivée. Cette situation inédite, l'inconnu, l'avait mis dans un certain état d'excitation. "Beau, je ne sais pas, mais ténébreux c'est sûr !" me dit-elle.

A la fin du repas, il était parti après avoir réglé l'addition, laissant Géraldine à la table. ils avaient convenu de se revoir rapidement, deux jours après. Chez lui. Elle avait été surprise d'avoir accepté ces conditions de retrouvailles après coup mais ça avait été irrépressible. Envie de le voir.


   Le samedi arriva. Les conditions du rendez-vous étaient particulières aussi, Géraldine devait arriver directement chez lui. Arrivée à l'adresse, dans le Marais, elle l'appela. Il la guida, lui donna le code de la porte cochère, la fit arriver jusqu'à la porte de son appartement et lui dit d'entrer. L'appartement était plongé dans l'obscurité complète. Les lumières éteintes, les volets fermés et doubles rideaux tirés, la nuit étant tombée en cette soirée printanière, aucune lumière ne pénétrait.

-Mais dis-moi Étienne, tu es aveugle ? Ou vampire ! demanda-t-elle en riant. Elle imagina qu'il pouvait non seulement être aveugle mais aussi mutilé, qu'il n'avait simplement pas d’œil, d'où sa volonté de se cacher. Elle imagina à ce moment là Andrea Bocelli, mignon mais quand il lève les paupières ça file un frisson.

   -Rien de tout ça. Viens s'il te plait, suis le son de ma voix.

Elle pensait être dans le salon, lui était dans la pièce voisine, à sa droite. Sûrement la chambre mais qu'en savait-elle ? Elle arriva dans la pièce en tâtonnant. Elle voyait alors les contours et la vague silhouette d’Étienne juste avant qu'il ne lui prenne la main. Il lui enleva le petit blouson qu'elle portait et le jeta plus loin. Il y avait un fauteuil à cet endroit.

Il l'embrassa. Elle se laissa faire.

   -Bonsoir, dit-il ironiquement.

   -Bonsoir, répondit-elle en souriant

Ce furent les derniers mots qu'ils prononcèrent ce soir là.

Ils continuèrent à s'embrasser, commencèrent à se caresser, se déshabiller doucement. Cela dura. L'étreinte traina alors qu'ils étaient encore en sous vêtement. Une fois nus, leurs corps s’emmêlèrent. Il fit durer, cela excita Géraldine : ses râles éraillés, son parfum, ses caresses... Il se démerdait bien le salaud.

Ce ne fut pas l'extase totale malgré tout. Il manquait une dimension, une dimension importante au yeux de Géraldine. Beaucoup de femmes aiment l'amour dans le noir, Géraldine non. Mais elle m'avoua que c'était tout de même assez envoûtant, avec cette mise en scène sur deux jours.

Quoiqu'il en soit, la nuit passa, il dormirent tout de même. Pendant qu'il sommeillait, elle se leva et se dirigea vers ce qu'elle devinait comme étant la fenêtre, d'où venait le peu le lumière présente. Elle regarda dehors : rien, volets fermés. Elle se recoucha en veillant à laisser entre-ouvert le double-rideau.

Le matin arriva, le soleil se leva. Géraldine avait eu le sommeil aussi léger qu’Étienne l'avait eu lourd. Ce type dort comme une masse.

   -Il faut dire qu'il avait transpiré la veille, me dit-elle.

   -J'imagine bien !

La lumière, finalement, passa à travers les volets et l’entrebâillement du double-rideau. Elle regarda alors son voisin de lit. Dire qu'elle fut déçue est faible.

   -Ah ? dis-je.

   -Oui, il est laid ! Merde ! Je me suis faite avoir toute emportée que j'étais ! Tu vois Patrick Timsitt ? C'est pire, avec un air de Jean Lefebvre, et flasque en plus.

   -Ah merde. C'est le seule commentaire qui me vint à l’esprit.

   -Tu peux le dire Heureusement qu'il dormait bien, je me suis habillée vite fait et je me suis barrée, aussi vite fait ! Ça me fait chier de m'être emportée comme ça pour me faire avoir en beauté !

Elle rageait mais le gros de sa colère était passé au moment où elle me raconta cela. Elle s'en voulait surtout à elle même.

Oui, nous sommes en compétition, Géraldine et moi, pour la situation amoureuse la plus conne.

 


Published by Raphaël Conforti - dans Qu'est-ce qu'on fait pas des fois
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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 08:00

 

Il y a des situations particulièrement compliquées d'où s'extirper. Géraldine ne me contredis pas quand j'en étais venu à dire ça.

Parfois, il arrive d'entamer une nouvelle relation alors que vous n'avez pas encore mis fin à l'ancienne. L'ancienne qui, du coup, n'est pas encore ancienne bien que dans votre esprit elle le soit.

-Pourquoi tu dis "vous" ? Ça te concerne tout seul !

-Comme si, te connaissant Géraldine, ça ne t'était jamais arrivé !

-Oui... mais c'est pas toi qui t'es retrouvé avec deux ex qui s'ignoraient alors que tu avais commencé avec une troisième ? Tu ne sais pas larguer...

-Mouais, la ferme.

Bref, ce n'es pas si compliqué que ça à gérer... jusqu'à ce qu'elles se croisent.

C'était juste après la période où je voyais Florence. J'avais rencontré Christelle par le même biais. Christelle est blonde. Mince, petite, un peu la même allure que Florence mais en beaucoup plus jolie et il m'avait semblé, aux reliefs de son chemisier bleu, qu'elle avait de beaux seins ronds, ce qui se confirma plus tard. Il m'avait semblé évident dès le deuxième rendez-vous qu'elle misait plus que ce que je ne misais moi-même sur notre relation. Nous nous entendions bien, aussi bien dans nos discussions que dans son lit mais je ne sais pas si quelque chose clochait chez elle ou si c'est moi qui ne me vois pas m'engager sur une longue durée.

Cela faisait une quinzaine de jours que nous sortions ensemble lorsque je rencontrai Marianne. Je venais de laisser Georges à une terrasse à Paris pour rentrer chez moi en cette fin d'après midi du début du mois d'avril. Elle était sur le trottoir, entre la rue de Rivoli et celle de l'Amiral de Coligny, en train de scruter un plan qu'elle avait déplié.

J'allai à sa rencontre et m'incrustai dans ses pensées :

-Vous êtes perdue ?

-Non non, pas vraiment, répondit-elle. Enfin... je cherche le quartier Montorgueil.

-Ah ! Facile ! C'est par là ! Je lui montrai la direction en souriant. Mais je peux vous accompagner si vous voulez.

-Non merci, ce n'est pas nécessaire.

-Mais comment je fais pour vous inviter boire un café alors ?

Elle sourit.

-Je suis attendue...

-Une prochaine fois alors.

-Peut-être.

-Forçons le hasard, donnez moi votre numéro, dis-je en lui tendant mon portable pour qu'elle puisse le taper.

-D'accord.

Elle tapa son numéro sur mon clavier. Marianne est mignonne, un petit visage triangulaire, des cheveux brun, une coupe au carré et des gros seins. Elle a une jolie allure dans l'ensemble. Je la revis une semaine plus tard, après l'avoir appelée et discuté gentillement au téléphone. Nous nous retrouvâmes dans un bar du quartier Montorgueil et comme tous s'était bien passé nous nous revîmes dès le lendemain pour dîner dans un restaurant et finir "prendre un verre" chez elle. C'est bien ces moments là !

Je me retrouvai alors avec Marianne sans avoir préalablement prévenu Christelle que nous nous reverrions certainement  moins. Ou plus du tout.

C'est vrai que, comme l'a fait remarqué Géraldine, ce n'était pas la première fois qu'un cas de figure similaire m'arrivait mais ce qui était une première pour moi c'est qu'alors que Marianne et moi déambulions main dans la main sur le boulevard Saint-Germain après être sorti de chez Grom , Christelle, je ne sais pas pourquoi, avait eu l'idée de se promener seule sur le même boulevard et , manque de chance, dans le sens opposé, ce qui lui permit de nous croiser. Au moment où je l'aperçu je ressentis comme une chaleur dans mon estomac. Je crois que ça correspondais à un état de stress avancé. Cela rendit mes mains moites mais pas de quoi ramollir le cornet gaufré de ma glace au chocolat. Je vis Christelle se décomposer. Par réflexe je lâchai la main de Marianne qui s'était rendu compte que quelque chose clochait. Pendant cinq secondes le temps s'était arrêté. Au cours de la minute que cela dura, je regardai Christelle, puis Marianne. Puis à nouveau Christelle. Son regard noircissait. Il fallait que je trouve une parade. Vite. Que faire, que dire ? Elle n'allait pas rester sans rien dire, c'était sûr. Et une fois qu'elle aurait tout balancé, c'est le regard de Marianne qu'il faudrait affronter.

Christelle attaqua :

-Non mais c'est quoi ça ? Tu fais quoi ? Tu te prends pour qui ? Tu ME prends pour une conne ?

Je la regardai, je fis non de la tête. Elle continua, très énervée :

-Qu'est ce que t'as à dire ?

-Rien, répondis-je calmement après avoir effectué un demi tour de cornet avec la langue.

-Tu te fous de ma gueule ? Tu bouffes ta glace au lieu de me répondre toi ! Ça l'avait énervé encore plus.

-Bah ouais, sinon ça coule. Et j'ai rien à dire.

Oui, que dire ? Toute parole, toute tentative de justification aurait aggravé ma situation. Cela dit, ma réplique avait aggravé ma situation. Marianne me regardait l'air désolée. Christelle me dit "c'est fini" et partit. Marianne ne dit rien et finit par partir aussi, avec cet air désolé qui ne l'avait pas quitté. Je crois qu'elle avait secoué la tête en partant.

J'eus besoin de m'enfuir et partis donc pour échapper aux regards des quelques passants qui avaient vu et entendu des bribes de la scène. Je finis par m'asseoir sur un banc et terminai ma glace.

C'est con cette fin tout de même. Oui, je ne sais pas larguer.

 

 

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 02:22

 

Je n'avais pas prévu de revoir Florence mais quand elle me rappela je n'eus pas le cœur à lui dire que je passais à autre chose, et puis j'avais envie de revoir son corps au moins une fois.

Nous nous vîmes directement chez elle et nous bûmes finalement ce verre. Son visage n'avais pas changé : sans charme, une petite bouche qui découvrait, quand elle souriait, une incisive supérieure recouvrant la canine voisine. Mais elle mettait en valeur son frêle corps avec des vêtements pas trop amples, juste comme il faut. Cette fois ci elle portait un pull moins près du corps. Toujours un col en V mais plus lâche. Quand elle se penchait, je pouvais voir un peu plus sans que ce soit indécent. Juste de quoi donner envie de lui sauter dessus. Je me rendais compte qu'elle m’excitait terriblement.

Comme la dernière fois, il y avait beaucoup de tendresse quand nous fîmes l'amour. Dans mon esprit, il n'était toujours pas question d'amour, d'engagement, mais nous faisions comme si nous nous aimions. Les gestes, les regards, les caresses. Cela me gêna quand j'y repensai en partant de chez elle.

Je ne pense pas que nous nous reverrons.

 


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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 23:29

 

Aujourd'hui, J'ai fait mes courses. En passant dans le rayon Shampoings et savons j'ai pensé à Hélène. Hélène est une jeune femme que j'avais rencontré dans le métro il y a quelques années. Je l'avais abordé à cause de sa présumée ressemblance avec une camarade d'école primaire.

-Bonjour... Sandrine ?

-Non, pas Sandrine, avait-elle répondu en souriant.

-La ressemblance est pourtant frappante, avais-je menti, il n'y a pas de Sandrine Lallemand dans votre famille ?

-Non, pas du tout.

Je l'avais accompagné sur une partie de son trajet. C'était une jeune Franc-comtoise qui arrivait fraîchement de sa province avec son rond accent pour travailler dans un grand hôtel. Deux jours plus tard, après un verre dans un bar de Neuilly, j'étais chez elle, dans son lit. Elle était très jolie, un visage rectangulaire, des cheveux très lisses, longs et châtains, le teint pâle, bien en chair avec de larges hanches et des seins grands, beaux et ronds.

Et elle sentait le savon de Marseille.


Je ressortis du magasin avec un savon d'Alep.

 


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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 01:13

 

Je vois Rémi régulièrement. Géraldine aussi. Je ne peux m'en passer. Ils sont mes amis et m'ont démontré qu'ils étaient un soutien indéfectible en dehors de ma famille. Ma famille plus que tous réunis m'a fait comprendre ce qu'était la solidarité et un vrai soutien mais je ne parlerai pas de ma famille dans ce blog.

J'étais donc avec Rémi, à la terrasse chauffée d'un café à Paris et parlions de notre sujet favori.

-Florence, disais-je, A beau être très fine, elle a un petit cul extrêmement bien foutu, tout rond.

Rémi me regardait en souriant, pas convaincu car en dehors des femmes pulpeuses il ne trouvait rien, personne qui lui convenait. Depuis Carole, qu'il avait quitté car, finalement, la politique dans un couple n'aide pas si on n'est pas du même bord (mais il l'assumait en en n'ayant fait qu'un plan cul), il avait rencontré une femme sympathique, jolie mais casanière. Le fait qu'elle ait un enfant y contribuait pour beaucoup. Il la trouvait " planplan " aussi. Une mère qui aimait tout de même aller en boite pour se défouler. En y emmenant son amoureux de préférence.

-Mais j'avais pas envie d'y aller moi ! me dis Rémi.

-Je te comprends...

Je voyais où il voulait en venir :

-Tu y vas pourquoi, on y va pourquoi en boite ?

Il ne me laissa pas répliquer, il ne m'avait pas posé la question pour que j'y réponde.

-Pour draguer ! continua-t-il, tu vas pas en boite en couple ! Tu y vas en couple toi ? Non, on y vas ensemble. Ça m'a fait chier, j'ai accepté d'y aller une ou deux fois mais toutes ces filles que je ne pouvais pas toucher par respect pour ma compagne, et bien ça fait mal.

Je le comprends Rémi. C'est vrai que nous allions de temps en temps en boite ensemble et continuons, beaucoup mois fréquemment, à y aller.

Je n'aime pas danser. Parce que ne ne sais pas, certainement. En général je suis le type au bar. On me retrouve parfois sur la piste parce qu'il faut bien s'y coller, se coller à elles pour qu'elles me regardent. Et rentrer avec.

Il a raison Rémi : La discothèque est fondamentalement un truc de célibataires, du moins du point de vu masculin.

-Et sinon, enchainai-je, elle est sympathique ta blonde ?

Oui, j'aime bien cette dénomination québécoise et par " sympathique " j'englobe le caractère et le physique.

-Oui, ça a été bien la première nuit et puis c'est devenu planplan, comme je te disais.

Je compris bien :

-Je vois, quand on aime le sport et qu'on apprécie un bon semi-marathon au taquet, on a du mal à se contenter d'une promenade avec mamie !

-Exactement !


  Pour commenter le titre, j'affinerais en disant que c'est plus du demi-fond que de l'endurance et que, personnellement, je trouve ça meilleur quand c'est une course par étapes...


Published by Raphaël Conforti - dans Oh les filles oh les filles !
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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 00:05

Ce qui m'a tout de suite plu chez Florence, ce sont ses petits seins. Nous nous étions rencontrés dans un bar du Marais après avoir échangé en ligne sur un site de rencontre que je fréquentais pour mieux me remettre de l'après Marta. Elle m'attendait et s'était levée pour m'accueillir. De taille moyenne, un mètre soixante ou soixante-cinq, très fine, certains auraient dit maigre, blonde, pas un visage extrêmement joli mais il se laissait regarder.

Ce qui m'a tout de suite plu chez Florence, ce sont ses petits seins. Il n'y a que des petits seins comme ça qui permettent un décolleté aussi audacieux. C'était un pull gris, près du corps et une sorte de col en V très large dont la pointe descendait très bas, largement sous la poitrine ce qui laissait voir un maximum de peau. Elle ne portait évidemment pas de soutien-gorge, il n'y a que des petits seins comme ça qui permettent...

C'est elle qui se fit reconnaître en se levant. Je ne connaissais pas son visage ; sur son profil elle avait mis un autoportrait, le fameux autoportrait dans le miroir, appareil reflex collé sur le nez. J'étais curieux de la découvrir car elle avait l'air bien faite et nous nous étions bien entendu en ligne.

Elle n'est pas disgracieuse mais elle avait bien vécu ses 39 ans, pensai-je.

Nous parlâmes entre autres du pourquoi de notre présence sur le site où nous nous étions rencontrés et il m'a semblé vite évident que nous nous entendrions : pas d'histoire, pas de lien à créer, nous pourrions nous revoir par la suite mais sans nous forcer à construire quoi que ce soit. Enfin, c'est ce que je traduisis de notre conversation tout en sous-entendus.

Nous bûmes du vin et mangeâmes une " tartine " : une tranche de pain de campagne légèrement toastée accompagnée de charcuterie, d'un crottin de chèvre et de salade un peu assaisonnée bien trop cher pour ce que c'est parce que, voyez-vous, nous sommes dans un bar du Marais ; ça se mérite.

Nous partîmes vite pour nous retrouver chez elle, pas très loin. Elle m'avait invité prendre un verre. Classique. Son reflex numérique trônait sur un bureau dans un coin de son studio. A côté, un PC portable, un tas de planches contact et un autre reflex, argentique celui-là, qui me rappelaient qu'elle m'avait dit qu'elle était photographe. A l'opposé, un futon convertible déplié. Je l'embrassai avant que nous nous y soyons assis.

Nous continuâmes à nous embrasser en nous déshabillant mutuellement, en nous caressant. Je découvris peu à peu le corps que j'avais deviné. Tout cela était très tendre, d'autant plus que je faisais très attention à son petit corps très fin. Quand nous fûmes entièrement nus je la pris fermement contre moi et nous nous serrâmes l'un contre l'autre. Je voulais sentir sa peau sur la mienne. Toute sa peau. Quand l'excitation arriva à son comble, je la mis sur le dos et la pénétrai. Elle frémit, j'exhalai.

Tout devenait de plus en plus intense. J'allais et venais de plus en plus fort, je ne sais pas comment nous nous sommes retrouvés en position du lotus. Là, l'étreinte se fit plus puissante : elle me serra autant qu'elle put à ce qui m'a semblé, en posant sa tête contre ma poitrine. Je la serrai fort aussi, puis me retins en sentant qu'elle respirait moins bien. Faudrait pas qu'elle me lâche...

Nous repassâmes à une position plus classique avec une facilité que j'avais rarement expérimenté, elle est si légère, c'est si bon.

Au delà du cul, il y avait beaucoup de tendresse dans nos gestes, dans notre union. Je me suis senti bien.

Nous dormîmes plutôt bien ensuite, nous sommes réveillés pour faire l'amour encore une fois vers trois heures.

Je me levai le matin pour acheter des croissants et une baguette et nous prîmes un petit-déjeuner, comme j'aime. Je ne partis pas trop tard tout de même, j'avais " des choses à faire ".

Je réalisai en prenant le métro que nous n'avions pas pris le verre qu'elle m'avait proposé. Je ne sais vraiment pas pourquoi je pense à ça.

 

 

Laisse moi dormir

Du fond du cœur
Dans la longueur
De ton lit de bois
Encore une heure
Encore une fois


Published by Raphaël Conforti - dans Ma pomme
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